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Trois militantes kurdes abattues d’une balle dans la tête à Paris

La police a retrouvé, dans la nuit de mercredi à jeudi, les corps de trois militantes politiques kurdes, abattues d’une balle dans la tête, dans les locaux de l’Institut kurde de Paris. Le drame laisse penser à une "exécution", selon la police.

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Trois femmes kurdes ont été retrouvées mortes dans la nuit de mercredi à jeudi, abattues chacune d'une balle dans la tête, dans l'enceinte du Centre d'information du Kurdistan, à Paris (Xe arrondissement), a-t-on appris de source policière.

Les corps ont été découverts peu avant 2h00 du matin dans cet institut situé rue Lafayette dans le Xe arrondissement. "La scène peut laisser penser qu'il s'agit d'une exécution, mais l'enquête devra éclaircir les circonstances exactes de ce drame", a précisé cette source sans plus de détail. La brigade criminelle de la police judiciaire parisienne a été chargée de l'enquête.

Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Soylemez. Capture d'écran Firatnews.
Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Soylemez. Capture d'écran Firatnews.

Un responsable de la fédération des associations kurdes, Leon Edart, a déclaré qu'elles étaient seules dans les locaux du centre d'information mercredi à la mi-journée. En fin d'après-midi, un membre de la communauté a essayé en vain de les joindre. Inquiet, il s'est rendu sur place mais n'ayant pas les clés, il n'a pu pénétrer dans le bâtiment.

Selon les informations recueillies par Europe 1, un voisin dit avoir entendu une détonation à 18 heures, mercredi. Les policiers, quant à eux, ont été appelés à 1h45 pour intervenir. Ils ont alors découvert la scène de crime. Seulement trois douilles ont été retrouvées.

"Nous sommes tous le PKK !"

Selon le site Actukurde.fr, les trois victimes sont des femmes politiques : "Sakine Cansiz [était] l’une des fondateurs du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), Fidan Dogan [était] représentante du Congres National du Kurdistan (KNK), basée à Bruxelles, et Leyla Soylemez [était] une jeune activiste".

Dès l'annonce de ces assassinats, des centaines de Kurdes se sont rassemblés devant l'immeuble. Selon Guillaume Guguen, journaliste de FRANCE 24, "ils étaient environ 250 devant le bâtiment, encadrés par les forces de l'ordre, et scandaient 'Nous sommes tous le PKK !', 'Une solution politique pour le Kurdistan !'"

Armel Taverdin, l'avocat d'une des trois victimes, a déclaré à FRANCE 24 que "ce triple meurtre avait sûrement été fomenté par des forces opposées à une solution politique au Kurdistan. Des forces qui cherchent la confrontation". Et d'ajouter que "la police française avait suffisamment d'éléments pour mener à bien son enquête [...] Au moins deux des trois victimes étaient étroitement surveillées par les autorités françaises".

Qualifiant ces "assassinats" d'"insupportables", le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a effectué une visite d'une quinzaine de minutes à l'Institut."Je suis aussi venu exprimer ma compassion à l'égard des proches de ces trois femmes. Beaucoup de gens connaissaient la présidente du centre d'information" kurde, Fidan Dogan, une des trois victimes, a déclaré le ministre. Interrogé sur une éventuelle motivation politique à ces meurtres, le ministre s'est refusé à tout commentaire.

Cette attaque intervient au moment où le gouvernement d'Ankara entame des négociations directes avec le leader kurde Abdullah Öcalan pour tenter de mettre un terme à un conflit vieux de trois décennies.

Les explications de Didier Billion, spécialiste de la Turquie

FRANCE 24 avec dépêches

 

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