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Mokhtar Bel Mokhtar, un professionnel du djihad et des prises d'otage

France 24

Un groupe d'islamistes armés tient en otages 41 Occidentaux et plus d'une centaines d'Algériens sur un site gazier dans le sud de l'Algérie. L'opération a été revendiquée par le groupe de Mokhtar Bel Mokhtar. Portrait.

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On l’appelle Abou Abbas, mais aussi "lLe borgne" ou "L’insaisissable". Mokhtar Bel Mokhtar est l'homme à l'origine de l’attaque contre un site gazier de BP situé dans le sud-est de l’Algérie qui a aboutit à la prise de plusieurs dizaines d'otages, dont de nombreux occidentaux.

Bien connu des services de renseignement occidentaux, l’homme est actif depuis près de 15 ans dans le Sahel. Né en juin 1972 à Ghardaia en Algérie, il n'a que 19 ans lorsqu'il part combattre les soldats russes en Afghanistan, aux côté des Moudjahidin. C'est là qu'il perd un oeil. Il rentre en Algérie en 1993, où il devient l'un des responsables militaires du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, dont émane Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Un contrebandier

Menant une vie de nomade, Mokhtar Bel Mokhtar est marié à une notable touarègue du Mali depuis des années.

En 2007, il prend la tête d'une des deux principales unités combattantes d'Aqmi, et en devient l’une des figures les plus charismatiques, à la tête de la katiba Al-Mouthalimin, "la brigade masquée".

Mokhtar Bel Mokhtar tisse un réseau très étendu au Sahel, notamment grâce au trafic de cigarettes. Ce qui lui vaudra un autre surnom, celui de "Mister Marlboro".

Interrogé par FRANCE 24 à ce sujet fin 2010, Anis Rahmani, directeur général du quotidien algérien "Ennahar", avait évoqué "plus un contrebandier qu’un terroriste" . "Il a utilisé le GSPC, et maintenant Aqmi, pour faire du trafic au nom de l’islam. En réalité, il recherche simplement de l’argent", expliquait-il alors.

L'argent est également l'une des motivations des nombreuses prises d’otages occidentaux orchestrées par Mokhtar Bel Mokhtar. Il est notamment responsable de l'enlèvement de deux Français à Niamey au Niger en janvier 2011. Les deux otages trouveront la mort dans l’opération visant à les libérer.

Rupture avec Aqmi

En décembre 2012, il décide de faire scission avec Aqmi, qui lui reproche notamment sa trop grande autonomie. Cette rupture est également due au conflit qui l’oppose à Abou Zeid, un autre chef de l’organisation à la tête d’une autre katiba. Les deux hommes se disputent notamment le contrôle du trafic de drogue au Sahel.

"J'annonce à la communauté musulmane une bonne nouvelle. C'est le début de la guerre sainte de l'islam et des moudjahidin contre les mécréants et leurs alliés. Grâce à Dieu, nous allons faire entendre notre message par le biais des armes que nous portons", déclare le chef de la katiba Al-Mouthalimin dans une vidéo envoyée à des médias mauritaniens.

Désormais seul à la tête d’un groupe de 200 à 300 hommes, Mokhtar Bel Mokhtar se rapproche du Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), l’un des groupes qui contrôle le nord du Mali, et particulièrement Gao. Il se trouverait toujours dans le nord du Mali.

Avec cette prise d'otage spectaculaire, il regagne du galon dans la sphère islamiste.

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