JUDO

Le judo japonais secoué par une série de scandales

AFP

Le judo japonais est en pleine tempête après une succession de scandales. Alors que le double champion olympique Masato Uchishiba a été condamné pour viol, des judokates ont révélé avoir été maltraitées par leur entraîneur.

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Le judo japonais a traversé cette semaine la pire crise de son histoire. L’une de ses légendes Masato Uchishiba a été condamnée à cinq ans de prison ferme pour le viol d’une jeune étudiante.

Le double champion olympique des moins de 66 kg (2004 et 2008) a été reconnu coupable d’avoir abusé d’une judokate qu’il entraînait. Après une soirée arrosée lors d’un déplacement à Tokyo, le sportif de 34 ans se serait introduit dans la chambre de la jeune fille.

"Elle a résisté en disant: "Que fais-tu ? Arrête !", mais il a augmenté le volume de la télévision et couvert sa bouche avec sa main", a déclaré le procureur, selon la télévision japonaise NHK.

Tout au long de son jugement, Masato Uchishiba, qui est marié, a nié ces accusations et maintenu que la relation était consentante. Il a d’ailleurs décidé de faire appel.

"Battues à coups de sabre en bambou"

Un peu plus tôt dans la semaine, une autre affaire avait ébranlé le judo japonais. Des athlètes de l’équipe nationale féminine avaient révélé mercredi être victimes de violences. Elles affirment avoir été giflées et battues par leur entraîneur, Ryujo Sonoda, à coups de sabre en bambou, comme ceux que l’on utilise au kendo, un autre art martial.

"Nous avions reçu des informations en septembre dernier sur le fait que M. Sonoda aurait pu maltraiter physiquement ses athlètes. Nous l’avons interrogé ainsi que les athlètes et il s’est avéré que les accusations contre lui étaient largement exactes", avait alors déclaré Koshi Onozawa, le président de la Fédération japonaise de judo.

Cette affaire a entraîné la démission de l’entraîneur incriminé, mais également alerté les plus hautes autorités du pays. Le ministre de l’Éducation et des Sports, Hakubun Shimomura, a expliqué qu’il fallait repenser la vision du sport : "Il est temps pour le Japon d’abandonner l’idée que l’usage de la violence peut faire partie de l’arsenal d’un entraîneur". En effet, selon une enquête publiée en janvier 2011, quatre enfants meurent en moyenne chaque année au Japon au cours d'un entraînement de judo.

Le pays du Soleil-Levant se passerait bien de cette publicité embarrassante, alors que Tokyo est en train de lancer sa campagne internationale pour promouvoir sa candidature à l’organisation des Jeux Olympiques en 2020, face à Istanbul et Madrid.

Avec dépêches

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