FRANCE

Mariage pour tous : des références nazies s’invitent dans le débat

Nouveau clash à l’Assemblée nationale, où le point Godwin a été atteint. En utilisant une référence nazie, l’UMP Elie Aboud a provoqué la colère de Christiane Taubira. Mais selon Christian Jacob, un député PS l’aurait mentionné en premier.

Publicité

Il est à l’origine de la colère des socialistes et d’une longue interruption de séance à l’Assemblée nationale. En employant les expressions "triangle rose" et "triangle noir", le député UMP Elie Aboud s’est attiré les foudres de Christiane Taubira. "Je trouve inqualifiable de faire un mot d’esprit sur une telle expression", s’est-elle emportée devant les applaudissements de la majorité.

Élie Aboud, le député à l'origine de la polémique

En réponse, le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, a jugé l'intervention de la ministre "indigne" et a rétorqué que le premier à avoir évoqué le "triangle rose" la semaine dernière était un député socialiste.

Le "triangle rose" et le "triangle noir" étaient des symboles utilisés par le régime nazi pour identifier, respectivement, les prisonniers homosexuels et les inadaptés sociaux détenus dans les camps de concentration.

Mauvaises conditions de travail à l’Assemblée

Interrogé par le site du quotidien Midi Libre, Elie Aboud a affirmé, ce mardi, ignorer la signification de la référence qu'il a utilisée : "Je manque peut-être de culture générale, mais j’ignorais la référence à ce triangle noir. En disant 'SOS danger', je voulais figurer un triangle de danger, quand mon collègue PS Christian Assaf avait parlé de triangle rose".

Christian Jacob répond à Christiane Taubira

Quant à Christian Jacob, il est également revenu sur l’incident en déplorant l’ambiance calamiteuse dans l’Hémicycle depuis le début des débats sur le projet de loi sur le mariage pour tous entamés le 29 janvier. "On est en train de siéger dans des conditions qui peuvent être intéressantes sur le plan de la performance physique, mais pas sérieuses sur le travail", a déclaré le député-maire de Provins sur France Inter.

"Dimanche, on a siégé pendant 22h30. On ne légifère pas dans de bonnes conditions dans ce cadre-là", a-t-il encore ajouté avant de remercier le président de l'Assemblée, Claude Bartolone (PS), qui "a su ramener le calme et la sérénité dans l'Hémicycle".

Au-delà de la vive passe d’armes entre Christiane Taubira et Christian Jacob, la procréation médicalement assistée (PMA), la transmission des noms de famille et les mots "père" et "mère" dans le code civil ont alimenté la journée de débats, lundi. Selon Christian Jacob, il reste quelque 2 800 amendements à examiner sur plus de 5 000 déposés.

FRANCE 24 avec dépêches

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine