FRANCE

Un policier en garde à vue après la mort d'un jeune à Marseille

AFP

Un gardien de la paix a été placé en garde à vue jeudi à Marseille, quelques heures après le décès d'un jeune homme dans des circonstances floues. Le policier, qui n'était pas en service au moment des faits, a été interpellé en état d'ébriété.

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Un gardien de la paix, en état d’ivresse lors de son interpellation, a été placé en garde à vue jeudi matin à Marseille après la mort d'un jeune homme au cours de la nuit, à la suite d'une altercation dont les circonstances sont encore floues.

L'homme en question, né en 1973, travaille au sein du groupe de sécurité de proximité (GSP). Ce soir-là, bien que n'étant pas en service, le policier se rend avec son arme, vers minuit, dans une épicerie du quartier de la Joliette (2e arrondissement) pour acheter quelques bières, selon une source proche du dossier.

Alors qu'il se trouvait dans le magasin, trois jeunes, dont un fumait du cannabis, l’auraient agressé, après avoir remarqué que le policier portait son pantalon de service. L’homme aurait alors sorti son arme "dans des circonstances qu'il conviendra d'éclaircir", explique les autorités policières dans un communiqué. Un coup serait parti et touché l'un des jeunes à la cuisse.

Des marques sur le visage du policier attestent la thèse de l'altercation, a déclaré Jean-Paul Bonnetain, préfet de police des Bouches-du-Rhônes.

Emmené immédiatement à l'hôpital en voiture par ses amis, le jeune homme, atteint à l'artère fémorale, est mort quelques heures plus tard. Le policier serait, quant à lui, rentré à son domicile avec les bières qu'il était venu acheter, sans s'être rendu compte qu'une balle avait touché quelqu'un, selon la source proche du dossier.

Deux enquêtes ont été ouvertes

La victime, Yassine Aibeche, originaire de la cité sensible Félix-Pyat (3e arrondissement), était "défavorablement connu des services de police", a ajouté Pierre-Marie Bourniquel, le directeur départemental de la Sécurité public. Selon une source proche de l'enquête, la victime avait déjà été condamné pour des vols et des trafics de drogue.

Vers 2h40, le commissaire de permanence a interpellé le gardien de la paix à son domicile, ivre, sans que ce dernier ne présente aucune résistance, a précisé Pierre-Marie Bourniquel.

"Il n'y a pas de place pour de tels comportements dans la police de notre pays", a réagi le ministre de l'Intérieur Manuel Valls au micro de BFMTV, ajoutant que "s'il y a eu faute (...), il faudra que la justice passe".

Jeudi matin, le volet métallique de la supérette, située rue Roger-Salengro, était abaissé et les alentours bouclés par la police, selon un photographe de l'AFP. Des enquêteurs effectuaient des prélèvements sur des tâches de sang retrouvées au sol. L'arme du policier a été saisie pour être transmise à la balistique.

Deux enquêtes ont été ouvertes, l'une confiée à la PJ par le parquet de Marseille, l’autre à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Avec dépêches

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