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Grèce : les nouveaux pauvres

Les différents plans de sauvetage de la Grèce ont été accompagnés d'une cure de rigueur drastique. Des milliers de Grecs de la classe moyenne se sont brutalement retrouvés en dessous du seuil de pauvreté. Notre correspondante esquisse le portrait de la Grèce d'aujourd’hui.

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En tournant ce reportage, quatre ans après le début de la crise, j’ai tenté de faire le bilan des conséquences des plans de sauvetage de la Grèce. Montrer la détresse et en même temps la dignité des Grecs, leur envie de s’en sortir malgré les impasses.

Car l’austérité, les ponctions sur les salaires, les retraites amputées quatre fois en trois ans, les hausses de taxes quasi quotidiennes étouffent la majorité des habitants.

J’ai voulu montrer que cette crise n’est pas qu’économique mais sociale, sociétale, et même humanitaire. Toutes les couches de la société grecque sont directement ou indirectement touchées. L’austérité n’épargne personne.

Au début du tournage, je me suis rendue dans un hôpital psychiatrique. Les médecins s’inquiètent du présent et de l’avenir. Ils manquent cruellement de matériel de base (gants en latex, seringues, compresses…) et doivent pourtant gérer l’afflux de nouveaux patients. Ces derniers, qui, du jour au lendemain, se sont retrouvés au chômage et n’ont plus les moyens de payer leur facture d’électricité. Qui ne savent plus où aller. Selon les chiffres officiels, plus de 700 000 Grecs n’ont pas payé leurs dernières factures d’électricité.

Saignés à blanc, acculés, les Grecs luttent pour leur quotidien. Des parents confient leurs enfants à des orphelinats, provisoirement espèrent-ils. De nombreuses familles ne savent plus quoi faire pour se chauffer ou se nourrir. En plein hiver, on cherche du bois pour avoir un peu de chaleur. Beaucoup de personnes récupèrent des vivres et des vêtements lors des distributions organisées par le parti néo-nazi Aube Dorée, dont la popularité est croissante.

La population souffre, même si les chiffres de l’économie nationale affichent un certain optimisme et que le danger de sortie de la Grèce de la zone euro est écarté. Alors que le chômage touche aujourd’hui 27 % de la population active, de plus en plus de Grecs se demandent s’ils verront un jour le bout du tunnel.

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