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Gbagbo "co-auteur indirect" de crimes contre l’humanité, selon le procureur de la CPI

AFP

Le procureur de la Cour pénale internationale a détaillé, mardi, les charges pesant sur l’ancien président ivoirien, soupçonné d'être le "co-auteur indirect" de crimes contre l'humanité en 2010-2011. Mercredi, la parole est à la défense.

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Depuis mardi 19 février, Laurent Gbagbo comparaît devant les juges de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, pour la première fois depuis sa comparution initiale en décembre 2011 et plus de deux ans après les faits qui lui sont reprochés.

L’ancien chef de l’État ivoirien, 67 ans, est soupçonné d'être "co-auteur indirect" de crimes contre l'humanité, commis pendant les violences post-électorales de 2010-2011 auxquelles avait conduit son refus de reconnaître l'élection d'Alassane Ouattara, son rival, dont la victoire présidentielle avait été proclamée par la commission nationale électorale ivoirienne.

"La défense veut détruire le dossier du procureur"

"M. Gbagbo et les forces sous son contrôle sont responsables de la mort, des viols, des blessures graves et de la détention arbitraire de nombreux citoyens, respectueux des lois, perçus comme soutenant M. Ouattara", son rival lors de l'élection, a déclaré le procureur de la CPI, Fatou Bensouda, lors de sa déclaration liminaire.

Les avocats de Gbagbo ont demandé aux juges de le libérer

La défense de Laurent Gbagbo doit entamer sa déclaration liminaire mercredi, deuxième jour de l'audience de confirmation des charges. Mais ses avocats ont d’ores et déjà demandé aux juges de le libérer.

"La défense estime que la CPI ne doit intervenir qu'en dernier ressort, quand un État n'est pas en mesure de juger ses ressortissants. Or la justice ivoirienne fonctionne", explique Stéphanie Maupas, correspondante de FRANCE 24 à La Haye.

"Bien évidemment, ils ne demandent pas que l'ancien président soit renvoyé devant une cour ivoirienne mais ils demandent aux juges de se déclarer incompétents et de le libérer", ajoute-t-elle.

L'audience de confirmation des charges, qui durera huit jours, doit permettre aux juges de la CPI de décider si les éléments de preuves rassemblées par l'accusation sont assez solides pour permettre, plus tard, la tenue d'un procès.

600 pièces au dossier

Selon le bureau du procureur, Laurent Gbagbo et son entourage avaient fomenté "un plan pour rester au pouvoir à tout prix à travers des attaques mortelles, planifiées avec soin" contre des supporters d'Alassane Ouattara.

"Le procureur, qui devra prouver que son dossier est solide, dispose de 600 pièces", précise Stéphanie Maurepas, correspondante de FRANCE 24 à La Haye.

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