RUSSIE

Moscou défend sa loi "anti-propagande gay" critiquée en Europe

Selon le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, le projet de loi, adopté en première lecture et punissant tout acte de promotion de l’homosexualité, est une réponse à une "propagande homosexuelle" qu'il juge "très agressive".

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Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, est monté au créneau, mardi 26 février, pour défendre un projet de loi controversé visant à punir tout acte considéré comme de "la propagande homosexuelle". Selon lui, le texte sert à lutter contre la discrimination en empêchant une minorité d’imposer ses mœurs et valeurs contraires à celles de la majorité. En d’autres termes, cette mesure viserait avant tout à protéger les citoyens, Lavrov jugeant que "la propagande gay est en général très agressive".

Accusé de chercher à réinstaurer l’interdiction pure et simple de l’homosexualité comme à l’époque soviétique, Lavrov a assuré que gays et lesbiennes pouvaient "se livrer à leurs activités en toute liberté et en toute impunité." Et le ministre de rappeler que l’article du code pénal rendant illégales les relations homosexuelles en Russie avait été "abrogé il y a bien longtemps."

Des déclarations qui ont déclenché une levée de boucliers dans la communauté LGBT (Lesbiennes, gays, bi et transsexuels) qui craint que le terme "propagande homosexuelle" ne soit surinterprété. Dès lors, des actes anodins, tels que s’embrasser en public ou se tenir la main, pourraient devenir une forme de propagande et donc répréhensible.

Attirer l’attention de la communauté internationale

Les militants russes de la cause LGBT, particulièrement mal considérés dans une Russie où l’homosexualité était encore un crime en 1993 et une maladie mentale jusqu'en 1999, tentent depuis de longues semaines de dénoncer ce projet de loi "anti-propagande gay" qu’ils estiment dangereux.

Leurs inquiétudes sont, d'ailleurs, partagées par la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, ainsi que plusieurs ministre des Affaires étrangères du Vieux Continent, dont le Néerlandais Frans Timmermans qui craint "une atteinte aux droits fondamentaux" que la Russie s’est pourtant engagée à respecter.

Presque unanimement adopté en première lecture en janvier à la Douma (chambre basse du Parlement russe), le texte prévoit concrètement de mettre en place des amendes allant jusqu’à 12 500 euros (500 000 roubles) pour les auteurs de tout "acte public" faisant la promotion de l'homosexualité. Une version similaire de ce projet de loi est déjà en vigueur dans certaines régions, notamment au nord-ouest où se trouve Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays.

Une seconde lecture du texte doit avoir lieu au mois de mai. En attendant, les activistes de la cause gay continuent, tout de même, le combat en espérant attirer l’attention et le soutien de la communauté internationale, capable de faire pression sur Moscou. Mais il est parfois difficile, pour eux, de se faire entendre à en juger notamment par les parades qu'ils essayent d'organiser depuis 2006 qui sont régulièrement interdites et dispersées, dans la violence, par les autorités.

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