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Le chavisme peut-il survivre à Chavez ?

Hugo Chavez décédé, une nouvelle élection, prévue par la Constitution, sera organisée dans les 30 jours. Si le Comandante a orchestré sa succession en préparant son dauphin, Nicolas Maduro, pour ce dernier la partie est loin d'être gagnée.

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Hugo Chavez n’avait rien laissé au hasard. Le Commandante, qui luttait depuis plusieurs mois contre un cancer de la zone pelvienne, voulait s’assurer que tout serait mis en œuvre à sa mort pour que son dauphin désigné, Nicolas Maduro, reprenne les rênes du pays. Conformément à ses instructions donc, c’est son vice-président et héritier qui assurera l’intérim à la tête de l'État. Il devra également préparer l’élection présidentielle anticipée qui, selon la Constitution, doit se tenir dans les trente jours qui suivent le décès du chef de l’État.

Depuis plusieurs mois, Maduro, fidèle d’entre les fidèles, avait été formé, préparé puis présenté au peuple vénézuélien. "Il y a eu une mise en scène très calculée de la passation de pouvoir", explique Melissa Bell, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24. Il était le seul à donner des nouvelles du président malade. C’est encore lui qui a annoncé le décès du leader bolivarien, mardi soir. "Nous avons reçu l'information la plus éprouvante et la plus tragique que nous puissions annoncer à notre peuple. À 16h25, ce 5 mars, est mort notre commandant-président Hugo Chavez", a-t-il déclaré au bord des larmes.

Des cartes politiques déjà distribuées

Mais le chemin vers la magistrature suprême que lui avait tracé Chavez pourrait être semé d’embûches. Selon certaines rumeurs, d’autres personnalités au sein de son propre camp, le PSUV [Parti socialiste unifié du Venezuela] telles que Diosdado Cabello, le président de l'Assemblée nationale, et José Vicente Rangel, ancien vice-président, s’intéresseraient aussi au palais présidentiel de Miraflores - bien qu’il se soient rangés, pour l’heure, derrière le choix de Chavez.

"Il est en effet toujours possible que des personnalités se désolidarisent de Maduro et se présentent à l’élection même si pour le moment, rien ne laisse présager cette possibilité. Personne n’a cherché à tirer son épingle du jeu pendant les semaines de maladie et d’absence du président. Ce qui laisse supposer qu’il y a eu une entente en interne, un compromis. Mais tout peut encore changer", explique Jean-Jacques Kourliandsky, spécialiste de l’Amérique latine à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS).

"C'était mon adversaire, pas mon ennemi"

Dans le camp adverse, le dauphin du leader bolivarien a également un rival de taille : Henrique Capriles, opposant historique d'Hugo Chavez, qui va sans doute se représenter à cette élection anticipée - où pour la première fois il se présentera sans Chavez en face de lui.

Capriles avait été honorablement vaincu à la dernière élection présidentielle, en octobre, à l’issue de laquelle Chavez avait enregistré son score le plus faible depuis sa première élection en 1998. "C’était mon adversaire mais jamais mon ennemi", a déclaré ce dernier, mardi soir. "Aujourd'hui, il y a des milliers, peut-être des millions de Vénézuéliens qui se demandent ce qui va se passer, qui ressentent même de la peur (...) N'ayez pas peur. Ne soyez pas angoissés. Entre nous tous, nous allons garantir la paix que mérite ce pays bien-aimé", a ajouté Capriles.

Et si le pire ennemi de Maduro n'était autre que Chavez ?

Selon Jean-Jacques Kourliandsky, le seul danger que peut écarter Maduro est le risque d'un coup d'État. "Après la tentative de renversement du pouvoir déjouée en 2002, les forces militaires ont été épurées. Il y a peu de risque de fracture au sein de l’armée", précise-t-il. "Et puis, les temps ont changé. Un coup d’État isolerait le Venezuela de la scène internationale, ce qui aurait de graves conséquences sur le pays", ajoute le spécialiste.

Reste que la partie est loin d’être gagnée pour le nouveau président-candidat. Et si le pire ennemi de Maduro n'était autre que son mentor ? Car l'héritier désigné va devoir non seulement se charger des affaires de l’État durant cette période de transition, mais aussi convaincre les partisans de l’ancien leader de son charisme révolutionnaire. "Et va-t-il pouvoir endosser tout le poids, la présence, la place que représentait Chavez ?", s’interroge la journaliste Melissa Bell, "est-il seulement possible que le chavisme survive à Chavez ?"

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