FRANCE

Au tribunal pour avoir fait porter à son fils Jihad un tee-shirt "11 septembre"

Bouchra Bagour, la mère de Jihad
Bouchra Bagour, la mère de Jihad

Une mère de famille a été jugée mercredi, à Avignon, pour "apologie de crime" après avoir fait porter à son fils de 3 ans prénommé Jihad un tee-shirt portant l'inscription : "Je suis une bombe. Jihad, né le 11 septembre".

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Bouchra Bagour, une mère de famille avignonnaise, et son frère Zeyad n’auraient jamais pensé devoir se justifier un jour du port d'un tee-shirt. Et pourtant : l'une et l'autre ont comparu, ce mercredi, devant le tribunal d’Avignon pour "apologie de crime". Leur tort : avoir fait porter à Jihad, le fils de Bouchra âgé de trois ans, un tee-shirt sur lequel était inscrit "Je suis une bombe" sur le torse et, au dos, "Jihad, né le 11 septembre".

Capture d'écran du Parisien.fr
Capture d'écran du Parisien.fr

Tout commence le 5 septembre dernier quand une maîtresse de l’école maternelle "Les Ramières de Sorgues" (Vaucluse) découvre les inscriptions en rhabillant le petit Jihad au cours de la journée. Stupéfaite par le mauvais goût du vêtement offert par Zeyad Bagour à son neveu, elle attend la maman du petit garçon à la sortie des classes pour la sermonner. Bouchra Bagour s'excuse, promet que le vêtement honni ne sortira plus du placard, mais finit tout de même au commissariat. La directrice de l’établissement a prévenu l’inspection académique et le maire de la ville. Son frère, Zeyad Bagour, est lui aussi interpellé. L'affaire, qui reste un temps confidentiel, prend rapidement de l'ampleur.

"Jamais eu l'intention de choquer"

À la fin du mois de septembre, l’appartement de la mère est perquisitionné - les policiers n'y découvrent rien de suspect - et le maire (UMP) de Sorgues organise une conférence de presse sur le sujet. Le parquet porte plainte, l'affaire ira devant le tribunal. Lors de l'audience, Bouchra Bagour, interloquée, a dit ne pas comprendre cet acharnement des autorités. Elle explique qu’elle "n’a jamais eu l’intention de choquer ou de blesser qui que ce soit", écrit Monique Glasberg, correspondante du quotidien Le Monde à Avignon. "L’expression ‘Je suis une bombe’ signifie 'beau gosse' dans le langage courant. Tout le monde sait ça", insiste-t-elle.

"On n’avait aucune mauvaise intention", se justifie l'oncle, de son côté. La mairie, partie civile dans le dossier, réclame aujourd'hui 1 000 euros à la mère de l'enfant au titre du préjudice moral et 3000 euros au frère, selon l'avocat de la municipalité, Me Claude Avril. La défense estime, quant à elle, que "la maman n’a pas pris la mesure de ces inscriptions" et trouve la procédure "disproportionnée au regard de l’affaire". Même son de cloche du côté de Me Soliman Makouh, l’avocat de Zeyad Bagour : "Cette histoire n’aurait jamais dû sortir des 10 m2 du bureau de la directrice de l’école", a-t-il confié. Délibéré le 10 avril.

Avec dépêches

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