FRANCE

Affaire Mediator : trop de dossiers d'indemnisation refusés, selon le docteur Irène Frachon

Irène Frachon
Irène Frachon AFP

Dans une interview publiée par le quotidien régional Le Télégramme de Brest, la pneumologue Irène Frachon, à l'origine de l'affaire du Mediator, s'alarme du taux de rejet des dossiers d'indemnisation des malades par les experts de l'Oniam.

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Le docteur Irène Frachon, à l'origine du scandale du Mediator, a dénoncé dimanche le taux de rejet dans les demandes d'indemnisation des malades examinées par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam).

Dans une interview publiée dimanche par le quotidien Le Télégramme, le Dr Frachon affirme: "Nous avons confronté les résultats de l'Oniam à ceux de récentes études épidémiologiques ciblées sur l'effet du Mediator. Cela ne colle pas". C'est notamment "vrai", assure le Dr Frachon, pour les atteintes les moins "graves", celles pour lesquelles manquent des preuves physiques flagrantes.

"Pour l'Oniam, sur les dossiers que nous avons pu étudier (82), le lien entre la prise de Mediator et les troubles constatés est reconnu dans moins de la moitié des cas, quand les études mettent en avant une probabilité de causalité supérieure à 90 %!", affirme la pneumologue.

Manque de formation des experts

Irène Frachon considère que ce résultat est lié à un manque de formation des experts: "Cela va paraître invraisemblable, dit-elle, mais c'est tout simplement un problème de formation des experts, pas sensibilisés à l'épidémiologie".

"Il se trouve aussi, souligne-t-elle, que la plupart de ces experts sont cardiologues. Ce sont les mêmes qui n'ont pas vu la dangerosité du Mediator pendant trente ans. Ce problème d'expertise n'est pas seulement celui de l'Oniam. Il vise l'ensemble des procédures civiles et pénales. Pour le Mediator, des centaines sont concernées!"

Dans cet entretien, le Dr Frachon annonce qu'avec deux collègues, elle va publier en avril, dans la revue La Presse Médicale, de nouveaux éléments mettant en cause les laboratoires Servier. "Cette étude, déclare-t-elle, qui fait la synthèse des connaissances sur le Mediator et qui calcule enfin avec précision le risque qui lui est attribuable", devrait permettre, espère-t-elle, de sauver "des centaines de dossiers" et aux experts "d'examiner beaucoup plus rapidement" ceux qui leur sont soumis.

Le Collège indépendant d'experts qui travaille avec l'Oniam avait reçu fin janvier 7.734 dossiers d'indemnisations dans l'affaire du Mediator et avait rendu 836 avis au total, dont 64 positifs, soit près de 8% des avis rendus.

AFP

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