FRANCE

Nicolas Sarkozy au juge Gentil : "Je n'en resterai pas là"

AFP

L’audition à l’issue de laquelle Nicolas Sarkozy a été mis en examen s’est déroulée dans une ambiance électrique, rapportent "Le Monde" et "Le Parisien". L’ex-président français serait allé jusqu’à tenir des propos menaçants à l’égard du juge.

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La convocation a duré neuf heures, jeudi 21 mars. Neuf heures pendant lesquelles Nicolas Sarkozy a participé à une confrontation-surprise avec quatre ex-employés de Liliane Bettencourt, puis a été de nouveau auditionné par le juge Gentil en charge de l’affaire. Selon "Le Monde" et "Le Parisien", le climat était électrique, l’ancien président français allant jusqu’à tenir des propos menaçants à l’égard du magistrat.

Lorsque Jean-Michel Gentil signifie à Nicolas Sarkozy sa mise en examen pour "abus de faiblesse" dans le cadre de l’affaire Bettencourt, l’ancien chef de l’État ne cache plus sa colère, raconte "Le Monde". L’homme, blême, dénonce une "injustice" puis lâche : "Ne vous inquiétez pas, je n’en resterai pas là." Selon "Le Parisien", qui décrit une scène un peu différente, alors que le juge déclare l’audition terminée, Nicolas Sarkozy aurait répondu : "Ce n’est pas terminé."

Atmosphère tendue

Des déclarations que le juge perçoit comme des menaces. "L’atmosphère était très tendue en fin de confrontation, a assuré à l’AFP une source proche du dossier, M. Sarkozy a tenu des propos que Jean-Michel Gentil a ressentis comme une menace, et il a voulu les faire acter par sa greffière. Mais Me (Thierry) Herzog, l’avocat de M. Sarkozy, s’y est opposé de façon forte", a ajouté cette source.

L’avocat du juge Gentil, Me Rémi Barousse, a réagi auprès de l’AFP, affirmant que "l'État de droit est le fondement de la démocratie, et que se faire ainsi vilipender, montrer du doigt, est le signe d'un État de droit pas encore complètement digéré et accepté, où l'ancien souverain semble quelque chose de sacré et d'intouchable".

Me Barousse, avocat, ami et ex-collègue magistrat du juge Gentil, a rappelé que celui-ci travaillait de manière collégiale dans cette affaire : "Toutes les décisions sont prises à trois", a-t-il remarqué. Il a estimé que "le juge a sans doute été un peu outré de la violence des attaques contre lui", mais "qu'il continuera à instruire son dossier jusqu'au bout".

Avec dépêches

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Déclarations de Thierry Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy sur Europe 1

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