CHYPRE

Accord in extremis sur le sauvetage de Chypre

La directrice du FMI et le ministre français des Finances
La directrice du FMI et le ministre français des Finances AFP

Le nouveau plan de sauvetage, conclu dans la nuit de dimanche à lundi entre le gouvernement chypriote et la troïka, comprend une taxe sur les dépôts de plus de 100 000 euros et la fermeture de la deuxième banque du pays.

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C’était moins une. Chypre a trouvé in extremis, dans la nuit de dimanche à lundi 25 mars, un accord avec l'Eurogroupe et le FMI, ses bailleurs de fonds internationaux, pour éviter la faillite et la sortie de la zone euro.

Si la première banque du pays parvient à garder la tête hors de l’eau au prix de lourdes pertes pour les créanciers, la seconde va purement et simplement fermer.

L'accord "met fin aux incertitudes concernant Chypre et la zone euro", a assuré lors d'une conférence de presse le chef de file des ministres des Finances des 17, Jeroen Dijsselbloem.

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Laïki fermée, Bank of Cyprus restructurée

Fin des incertitudes mais début d’une période difficile pour l’île ? Le tribut risque en effet d’être lourd pour l'économie chypriote. En échange d'une aide de 10 milliards d'euros, Nicosie va réduire drastiquement son secteur bancaire en fermant Laïki, la deuxième banque du pays. Les détenteurs d'actions, d'obligations et les dépôts au-dessus de 100 000 euros seront par ailleurs durement frappés.

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"Les dépôts non sécurisés de plus de 100 000 euros seront gelés et participeront à la recapitalisation nécessaire" du secteur bancaire, a précisé le ministre allemand, Wolfgang Schäuble. Une mesure qui devrait permettre de lever 4,2 milliards d'euros.

Les petits dépôts, eux, seront intégralement préservés. Ils seront mis dans une "good bank", tandis que les autres iront dans une "bad bank". L'idée d'une taxe sur tous les dépôts bancaires, prévue dans le premier plan concocté en fin de semaine dernière, a été définitivement abandonnée après avoir avait suscité un tollé.

Un plan "très difficile pour le pays"

Selon des sources proches des négociations, les tractations ont été très difficiles et le président chypriote Nicos Anastasiades, élu il y a à peine plus d'un mois, a menacé de démissionner. Ce dernier souhaitait en effet préserver le modèle financier chypriote, unique dans l'UE, qui permet à ses banques de recevoir de très larges sommes de déposants britanniques et russes, ce à quoi il semble finalement avoir échoué. Malgré tout, au terme des douze heures de négociations à Bruxelles, le président chypriote s'est dit "satisfait".

L’accord pour Chypre fournit "un plan complet et crédible", a estimé Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international (FMI). Reste que ce plan sera "très difficile pour le pays", estime quant à lui le commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn. Mais la Commission européenne "fera tout son possible pour alléger les conséquences sociales" de ce plan, a-t-il promis.

Avec dépêches

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