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Bosco Ntaganda, le "Terminator" de la RDC face à la justice

La Cour pénale internationale (CPI) attendait la comparution du général congolais Bosco Ntaganda depuis 2006. Réputé impitoyable et sanguinaire, il est jugé à La Haye pour crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

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Les Congolais le surnomment "Terminator" pour son caractère impitoyable et sanguinaire. Ils l’accusent, ainsi que ses soldats, d’avoir commis des viols, des pillages et des meurtres dans le Nord-Kivu et dans le Sud-Kivu, ainsi que dans le district de l'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), ces dix dernières années.

Pour la juge de la Cour pénale internationale (CPI), Ekaterina Trendafilova, il est l'un des "principaux instigateurs de l'instabilité qui prévaut sur l'ensemble de la région des Grands Lacs". L’ancien chef de guerre âgé de 39 ans était recherché par le tribunal international de La Haye depuis 2006. Il est suspecté de sept chefs de crimes de guerre (l'enrôlement et la conscription d'enfants de moins de 15 ans, le fait de les faire participer activement à des hostilités, meurtre, attaque contre la population civile, viol et esclavage sexuel, et pillage). Il est également poursuivi pour des crimes contre l’humanité qui auraient été commis en Ituri, entre septembre 2002 et septembre 2003.

Peu loquace, Bosco Ntaganda se définit simplement comme un "militaire du Congo né au Rwanda". Issu d’une famille tutsie, il est né en 1973 dans la ville de Kinigi, au Rwanda, proche de la frontière congolaise. Dès l’âge de 17 ans, il rejoint le Front patriotique rwandais (FPR) de l'actuel président Paul Kagame, à l'époque en guerre contre le pouvoir hutu de Juvénal Habyarimana. En 1996, deux ans après l'arrivée au pouvoir de Paul Kagame, Ntaganda participe à l'incursion des forces rwandaises dans l'est de la RDC. L'année suivante, il prend part à la rébellion de Laurent-Désiré Kabila, qui renverse le maréchal Mobutu Sese Seko en mai 1997.

Chef des opérations militaires de Lubanga

En 2002, il intègre l'armée gouvernementale congolaise mais rejoint rapidement les rebelles des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), la branche armée de l’Union des patriotes congolais (UPC) de Thomas Lubanga. Durant trois ans, il opère dans le district de l'Ituri en tant que chef des opérations militaires de Lubanga. Ses agissements lui vaudront, en 2006, un premier mandat d’arrêt de la CPI, qui a condamné, en juillet 2012, Lubanga à 14 ans de prison pour le recrutement d'enfants soldats lors du conflit.

Ntaganda retrouve ensuite un autre groupe rebelle, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), sous la direction de Laurent Nkunda, très influent dans l'est du pays, avant de le renverser début 2009. Malgré les poursuites judiciaires dont il fait l’objet, Ntaganda réintègre les forces gouvernementales et est promu général par le fils de l'ancien président Kabila, Joseph, qui a succédé à son père après l'assassinat de ce dernier en janvier 2001. Selon des ONG, Ntaganda profite alors de sa position pour exploiter illégalement des minerais dont regorge le Kivu.

Reddition surprise

La CPI, qui lui reproche l’enrôlement d’enfants soldats et des viols commis par ses troupes dans les régions de l’Ituri et du Kivu au début des années 2000, lance un second mandat en juillet 2012. Malgré les pressions internationales pour livrer Ntaganda, Kabila refuse, arguant que son maintien dans les Kivu est indispensable pour la paix. Néanmoins, après sa défection de l'armée régulière début 2012, Ntaganda est finalement radié des forces congolaises. Selon des experts de l’ONU et plusieurs ONG, il joue aussitôt un rôle de premier plan au sein de la rébellion du Mouvement du 23-Mars (M23). Mais ce groupe politico-militaire pro-tutsi, qui s’est divisé fin février, a démenti tout contact avec Ntaganda.

Depuis mars, celui qui aime faire du jogging et surfer sur Internet est en détention à La Haye. Il a créé la surprise, le 18 mars, en se rendant à l'ambassade des États-Unis de Kigali, au Rwanda. Beaucoup s’interrogent sur cette reddition subite et la manière dont il a pu traverser la frontière rwando-congolaise pour rejoindre l'ambassade américaine sans se faire repérer par l'armée rwandaise.

Certains estiment qu'il pourrait faire d'embarrassantes révélations devant la Cour sur le rôle de Kigali dans l'est de la RDC. Il faudra pour cela que la CPI, qui a fixé la prochaine audience au 23 septembre, décide de confirmer les charges contre lui et d’ouvrir un procès.

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