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Les habitants de Gao désenchantés par la politique malienne

Deux mois après la libération de leur ville, les habitants de Gao, dans le nord du Mali, se sentent toujours abandonnés par les politiciens maliens. Ils n'attendent pas grand chose de l'élection présidentielle organisée en juillet prochain.

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Depuis le départ des djihadistes de Gao, aucun homme politique malien d’important ne s’est encore rendu dans la ville, qui a souffert pendant de longs mois de l’occupation des islamistes.

Beaucoup d’habitants ne cachent pas leur mécontentement. Ils n’ont plus confiance dans les partis politiques. "Il faut tous les balayer et prendre des jeunes qui, aujourd’hui, sont capables de relancer la politique au Mali", estime ainsi Moussa, un transporteur, autrefois militant de l’un des principaux partis au pouvoir.

Une campagne sans enthousiasme

Malgré ce manque d’enthousiasme politique, les candidats commencent déjà à organiser la campagne en vue de l’élection présidentielle organisée au mois de juillet prochain.

Pour les habitants cet empressement est choquant alors que la ville vit toujours sous la menace djihadiste. "Nous sommes privés de tout. Même les produits de première nécessité n'existent pas ici à Gao. Comment est‐ce qu'on peut nous demander d'aller voter ? Voter pour qui ? Pourquoi ? Nous avons compris que nous ne représentons rien pour l'État malien, pour la politique malienne", critique Moussa Boureima Yoro, le superviseur des patrouilleurs de Gao.

La classe politique malienne devra ainsi travailler dur pour regagner la confiance de la population de Gao. Dans la ville martyre de l’occupation djihadiste, le futur vote ne fait vraiment pas partie des priorités.
 

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