KENYA

La Cour suprême kényane valide l'élection d'Uhuru Kenyatta à la présidentielle

AFP

Les juges de la Cour suprême kényane ont entériné la victoire d'Uhuru Kenyatta (photo) à la présidentielle du 4 mars. Les Sages ont rejeté les recours déposés par le camp du candidat malheureux Raila Odinga, jugeant l'élection "libre" et "honnête".

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Le Kenya, toujours traumatisé par les terribles violences post-électorales de fin 2007, connaît désormais la décision de la Cour suprême du pays : les six juges de la haute instance kényane ont validé à l'unanimité, samedi, l'élection d'Uhuru Kenyatta à la présidence.

Les membres de la Cour suprême ont estimé que le scrutin du 4 mars avait été "libre" et "honnête", rejetant ainsi le recours déposé par le candidat malheureux de l'opposition, Raila Odinga. "La décision est que leur élection est validée", a déclaré le chef de la Cour suprême, Willy Mutunga, en faisant allusion à Kenyatta et à son

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Le candidat malheureux Raila Odinga a reconnu sa défaite

colistier, William Ruto.

La Cour suprême a rejeté à l'unanimité les recours déposés par le camp de Raila Odinga, principal rival d' Uhuru Kenyatta, et par des associations citoyennes qui dénonçaient une série d'irrégularités ayant, selon eux, affecté la sincérité du scrutin.

Odinga salue la victoire de Kenyatta

Raila Odinga a immédiatement reconnu sa défaite, et "souhaité bonne chance au président élu Uhuru Kenyatta", 51 ans, fils du premier président du Kenya et l'un des hommes les plus riches d'Afrique. "La Cour suprême a parlé", et "jeter le doute (sur cette décision) mènerait à l'instabilité politique et économique", a fait valoir le candidat perdant. "Bien que nous puissions ne pas être d'accord avec la totalité (du jugement), notre foi dans le constitutionnalisme est (notre valeur) suprême", a poursuivi le Premier ministre sortant.

Uhuru Kenyatta a, de son côté, remercié son adversaire à qui il a tendu la main et assuré que son gouvernement "sera aussi ouvert que possible et reflètera le visage" du Kenya. Il a qualifié la décision de la Cour suprême de "victoire pour tous les Kényans" ayant voté le 4 mars.

La Maison-Blanche, le président français François Hollande, le Premier ministre britannique David Cameron et la Commission européenne ont également félicité Kenyatta, ce qu'ils s'étaient abstenus de faire en attendant l'issue du recours en justice, contrairement à la Chine et à de nombreux pays africains.

Violences entre partisans de Raila Odinga et policiers

Des heurts entre jeunes et policiers ont aussitôt éclaté dans la région de Kisumu, bastion de Raila Odinga dans l'ouest du pays, faisant au moins deux blessés par balles, a constaté un journaliste de l'AFP.

Un responsable de la police à Kisumu a de son côté fait état, sous le couvert de l'anonymat, de sept personnes blessées par des tirs de la police, mais aucune confirmation officielle de ce bilan n'a pu être obtenue.

Les manifestants un temps dispersés, se sont à nouveau rassemblés dans la soirée, lançant des pierres, notamment sur des voitures et des motos et faisant plusieurs blessés parmi leurs passagers. Selon le correspondant de l'AFP, des magasins ont aussi été pillés, des passants dévalisés et des tirs sporadiques étaient entendus en ville dans la soirée.

La police, qui avait prévenu qu'elle n'accepterait aucun débordement après la décision de la Cour, avait dispersé en fin d'après-midi à coups de gaz lacrymogènes environ 200 jeunes partisans d'Odinga défilant dans le centre de Nairobi.

Des incidents et des tensions ont également été rapportées en début de soirée à Nairobi, dans des bidonvilles fiefs de Raila Odinga. Le chef de la police de Nairobi a annoncé l'envoi de renforts dans ces quartiers, évoquant des "affrontements" sans plus de précision.
 

FRANCE 24 avec dépêches

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