FRANCE

Fin de la trêve hivernale : les associations montent au créneau

AFP
3 mn

Depuis dimanche 31 mars et la fin de la trêve hivernale, les procédures d’expulsions de locataires peuvent à nouveau avoir lieu. Une mesure décriée par des associations de droit au logement et l’extrême gauche.

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La fin de la trêve hivernale - effective depuis dimanche 31 mars - provoque de vives réactions, notamment à Paris où une manifestation contre cette mesure était organisée lundi 1er avril par l'association Droit au logement (DAL). Pour ces anti, rassemblés au nombre de 200 place du Palais Royal, le but était de réclamer un moratoire sur les expulsions locatives qui risquent de mettre plusieurs milliers de personnes à la rue. "En Ile-de-France, 25 000 ménages et familles, dont 17 000 à Paris, mal logés, sans logis ou en instance d'expulsion, sont prioritaires DALO [ Droit au logement opposable, qui confère la possibilité à toute personne sans domicile d'entamer un recours contre les pouvoirs publics en vue d’obtenir un logement, NDLR] et ne sont pas relogés", écrit l'association dans un communiqué.

Le porte-parole du DAL, Jean-Baptiste Eyraud, regrette que les réquisitions annoncées à l'automne par la ministre du Logement Cécile Duflot "restent au point mort". "Elle nous a promis fin octobre qu'elle allait réquisitionner. Que se passe-t-il aujourd'hui ? Ils se sont trompés de loi".

Dans la même veine, le Collectif des associations unies, dont la Fondation Abbé-Pierre, le Secours catholique et Médecins du monde, a exigé une remise en question de la fin de la trêve hivernale pour les locataires de bonne foi en situation de précarité. "Il ne s'agit pas de faire reposer l'effort sur les propriétaires", précise Christophe Robert, le porte-parole du Collectif, soulignant qu'un fonds permet d'indemniser le propriétaire si le préfet refuse l'expulsion du locataire.

"Une pratique inhumaine et indigne de la France"

Au niveau politique, le Parti communiste français (PCF) a également dénoncé la possibilité de reprise des expulsions de locataires, fustigeant "une pratique inhumaine et indigne d'un pays développé comme la France". Observant que "plus de 9 fois sur dix, les victimes d'expulsion sont des familles touchées par la précarité, le chômage ou un accident de la vie", le Parti communiste estime dans un communiqué qu'"un gouvernement élu par le peuple de gauche ne peut dignement pas s'exonérer de la politique humaniste que l'on attend de lui".

Le PCF considère que "le gouvernement doit engager un véritable plan Marshall pour résoudre la crise du logement", suggérant comme pistes de réformes un contrôle du prix du foncier ou une incitation de l'épargne sur le Livret A.

La trêve des expulsions court chaque année du 1er novembre au 15 mars, période pendant laquelle les locataires ne peuvent pas se faire expulser, même si leur propriétaire a entamé une procédure judiciaire. Cette année, cette trêve a été rallongée de deux semaines, en raison de conditions climatiques difficiles.

FRANCE 24 avec dépêches

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