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Accélération surprise du calendrier parlementaire sur le mariage homosexuel

AFP

Le gouvernement a annoncé vendredi que le texte sur le mariage homosexuel, adopté quelques heures plus tôt au Sénat, repartirait dès mercredi à l'Assemblée. Une accélération surprise du calendrier dénoncée par l'opposition.

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L'examen par le Parlement du mariage homosexuel est passé contre toute attente à la vitesse supérieure, à la grande fureur de la droite prête à en découdre une nouvelle fois, le gouvernement ayant annoncé vendredi, trois heures seulement après son adoption au Sénat, que le texte repartirait dès mercredi à l'Assemblée.

Plusieurs milliers d'opposants ont aussitôt manifesté à Paris. Peu avant 22h00, ils étaient 7.500 selon les organisateurs mais cette fois-ci la police ne les a pas dénombrés. Certains appartenant au mouvement traditionaliste Civitas avec leurs drapeaux blancs frappés du Sacré Coeur rouge ont tenté de gagner le Sénat aux cris de "Hollande démission". Rue de Médicis, une artère qui longe le jardin du Luxembourg, des manifestants se sont approchés des gendarmes mobiles qui ont tiré des gaz lacrymogènes.

Malgré une guérilla parlementaire de l'opposition, les importantes manifestations des 13 janvier et 24 mars et à l'issue d'une semaine de débats intenses, parfois virulents, les sénateurs ont voté à main levée le texte, qui va retourner désormais à l'Assemblée pour une seconde lecture.

Alain Vidalies, ministre des Relations avec le Parlement, a en effet annoncé que la seconde lecture aurait lieu dès mercredi prochain, soulignant qu'après des "débats approfondis et de qualité, le gouvernement souhaite que les articles restant en discussion soient soumis à l'Assemblée dans les meilleurs délais".

Cette surprenante accélération du calendrier - le retour du texte n'était pas prévu avant le 20 mai - a provoqué la colère du patron des députés UMP, Christian Jacob, qui a jugé que François Hollande "prenait le risque d'une confrontation violente avec les Français".

Au Sénat, le premier article, le plus important car il ouvre le mariage aux couples de même sexe, a été voté "conforme", c'est-à-dire dans les mêmes termes qu'à l'Assemblée. Il est donc définitivement adopté et ne sera pas examiné par les députés mercredi. Quelques autres articles mineurs ont été votés conformes, comme l'article 3 sur certains noms de famille.

"C'est une honte. Les Français ne veulent pas de ce projet de loi et que font-ils ? Ils accélèrent", a déclaré à l'AFP la porte-parole du collectif anti-mariage homosexuel "La Manif pour tous", Frigide Barjot. "Coup d'Etat", a tonné Hervé Mariton (UMP).

Au Sénat, la gauche PS, PCF, écologiste, RDSE (à majorité PRG) a soutenu le texte, tandis que l'UMP et les centristes (UDI-UC) ont longuement bataillé contre. Cependant, à droite comme à gauche des voix divergentes se sont exprimées, notamment Chantal Jouanno (UDI-UC) qui a appelé à voter pour, ou Nicolas Alfonsi (PRG) contre.

Pour que la position des sénateurs absents dans l'hémicycle au moment du vote puisse être connue, tous les groupes ont demandé que soit publié au Journal officiel le détail des intentions de vote de chacun de leurs membres.

"Il y a en chacun d'entre nous une émotion profonde (...) Vous avez renforcé le pacte républicain, nous reconnaissons simplement la pleine citoyenneté des couples homosexuels", a déclaré la garde des Sceaux, Christiane Taubira. "La fierté nous envahit avec ce vote qui fait avancer la société", a lancé le patron des sénateurs PS, François Rebsamen.

Le groupe écologiste a salué "la première avancée sociétale de ce mandat", tandis que son chef, Jean-Vincent Placé, évoquait son expérience d'enfant adopté pour assurer que les couples homosexuels adopteront "non pour satisfaire un désir mais pour donner de l'amour".

C'est "une nouvelle étape dans la marche vers le respect de l'égalité, fondement de notre République", s'est félicité le président PS du Sénat, Jean-Pierre Bel.

"Vous ajoutez une rupture sociétale à une crise sociale, ne croyez pas que le vote de la loi n'effacera pas cette rupture", a averti l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (UMP).

"Je regrette profondément que l'on sacrifie le droit des enfants à une promesse de campagne", a fustigé le président du groupe UDI-UC, François Zocchetto.

Le Sénat a précisé juridiquement le texte venu de l'Assemblée en votant un article qui consacre un principe général d'égal traitement entre époux ou parents homosexuels ou hétérosexuels. Il a simplifié les dispositifs de célébration du mariage et garanti que des adoptions successives ne conduisent pas à des pluri-parentalités. Pour le nom de famille, il a établi la règle traditionnelle d'attribution, sauf en cas de désaccord où l'enfant recevra le nom des deux parents accolés dans l'ordre alphabétique. Enfin, Mme Taubira a indiqué qu'il n'y aurait qu'un seul livret de famille pour tous les couples.

AFP

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