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Mali : l'Assemblée nationale vote la prolongation de l'opération Serval

AFP

L’Assemblée nationale a voté, lundi soir à l'unanimité des suffrages exprimés, la prolongation de l'opération Serval au Mali, engagée le 11 janvier. Seul le groupe du Front de gauche s'est abstenu. Le vote du Sénat doit suivre dans la soirée.

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Sans surprise, les députés français ont dit oui au prolongement de la mission d'intervention militaire au Mali où l'armée tricolore a amorcé un retrait de ses quelque 4 000 hommes. Les sénateurs devraient faire de même, dans la foulée de cette soirée du 22 avril.

L'opération Serval, engagée le 11 janvier par le président François Hollande pour chasser les islamistes qui occupaient alors le nord du Mali, fait consensus au sein de la classe politique française.

Sa prolongation a été approuvée par 342 voix contre zéro au Palais-Bourbon. L'UMP a voté pour, avec des réserves. Le groupe du Front de gauche, qui avait voté l'envoi de troupes françaises au Mali, a décidé cette fois-ci de s'abstenir.

Serval, "une réussite", selon Ayrault

"Serval est une réussite dont chaque Français doit être fier", a dit le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui rendu hommage aux cinq soldats français tués au Mali. En intervenant aux côtés des troupes africaines, "la France était tout simplement à sa place et à la hauteur de ses responsabilités", a-t-il estimé dans son propos liminaire.

"Le moment est venu de passer le relais à nos amis africains", a-t-il ajouté, jugeant "essentiel que l'élection présidentielle puisse se tenir en juillet prochain" au Mali. Le nombre de soldats français doit passer d'un peu moins de 4 000 soldats français aujourd'hui à 2 000 cet été et un millier à la fin de l'année.

La France passe le relais à la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) qui compte 6 300 hommes. L'Onu a proposé de déployer une mission de paix, appelée à remplacer éventuellement la Misma selon des modalités à définir.

Doutes à l'UMP, abstention du Front de gauche

L'UMP, par la voix de Pierre Lellouche, a émis des doutes sur la renaissance d'un État malien viable et réconcilié. "À qui allons-nous rendre les clés ?", s'est-il inquiété. "Les mois qui viennent seront déterminants pour la suite de cette opération qui recèle, chacun le voit bien, des risques d'enlisement considérables", a-t-il dit.

L'élu de Paris a aussi déploré l'absence de soutien de l'Europe à l'intervention française, évoquant un "constat de décès de la belle idée de défense européenne". "Quand pourra-t-on dire que nos troupes auront rempli leur mission? Quels seront les objectifs réels de notre présence militaire? Ces questions fondamentales ont reçu des réponses trop évasives", a estimé pour sa part le communiste Jean-Jacques Candelier, orateur du groupe Front de gauche.

Depuis juillet 2008, la Constitution française oblige le gouvernement à soumettre au Parlement la prolongation d'une opération armée lorsqu'elle excède quatre mois. C'est la quatrième fois que cette procédure est utilisée.

Avec dépêches

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