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Paul Miller, le geek qui a survécu 365 jours sans Internet

Capture YouTube
5 mn

Le 30 avril 2012, le journaliste américain Paul Miller décidait de se couper d'Internet. Douze mois plus tard, il raconte cette expérience mitigée hors du Web. Après quelques semaines d'euphorie, il s'est senti isolé du reste du monde.

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À 26 ans, Paul Miller a pris une décision radicale. Ce jeune journaliste américain du site Internet The Verge a choisi de se déconnecter durant une année entière d'Internet. "Je voulais une coupure de la vie moderne, de la petite roue d’hamster de ma boîte mail, du flot constant d’informations qui noyait ma santé mentale. Je voulais m’échapper", explique-t-il dans un article qui fait le bilan de son expérience.

Une nouvelle vie

Le 30 avril 2012 à minuit, ce spécialiste des nouvelles technologies débranche son câble Ethernet, éteint son wifi et se sépare de son smartphone. Pendant plusieurs semaines, il semble reprendre goût à la vie. Détaché de toutes contraintes informatiques, il fait du vélo, lit des dizaines de livres et commence même à écrire une nouvelle. Paul Miller se sent enfin libre : "J’ai perdu sept kilos sans même essayer. J’ai acheté des nouveaux habits. Les gens n’arrêtaient pas de me dire que j’avais l’air beaucoup mieux. Durant une session, mon thérapeute s’est même autocongratulé !".

Déconnecté, le journaliste est bien obligé de sortir de chez lui. Il renoue avec ses amis et réapprend à discuter avec les membres de sa famille. Moins distrait par ses préoccupations virtuelles, il s’ouvre plus aux autres. "Il me semble que durant ces premiers mois, mon hypothèse était la bonne. Internet m’empêchait d’être moi-même, un meilleur Paul. J’avais tiré la prise et trouvé la lumière", s’enthousiame-t-il.

Travailler sans Internet

Même s’il a abandonné toute connection à Internet, ce spécialiste de l’univers "tech" continue à écrire pour The Verge. Sa rédaction lui commande des articles sur son expérience. Mais comment réussir à travailler pour un site Internet en étant "offline" ? Rien de plus simple. Comme il l’explique à la chaîne ABC, trois mois après le début de son défi, "il écrit tout sur son iPad qui est en mode avion et ne reçoit aucun signal. Il donne ensuite sa tablette à un collègue qui transfère ses documents sur son ordinateur".

Paul avoue toutefois que les recherches d’un journaliste sont beaucoup plus compliquées sans Google. Le rédacteur contourne cette difficulté en achetant des livres, en se rendant à la bibliothèque ou en passant plus d’appels téléphoniques.

Coupé du monde

Mais l’expérience, au début si idyllique, vire ensuite à la léthargie. Les bonnes résolutions prises par le journaliste s’envolent une à une. Au lieu de transformer son temps libre en une énergie créatrice, il finit par s’enfermer chez lui sans aucune motivation : "Mon endroit préféré est le canapé. Je mets mes pieds sur ma table basse, je joue aux jeux vidéos".

Reclus, Paul se coupe du reste du monde et perd peu à peu contact avec son entourage. "Mes parents se sont même demandé si j’étais encore en vie. Ils ont envoyé ma sœur vérifier à mon appartement si j’allais bien. Sur Internet, il est facile de rassurer les gens, de travailler avec ses collègues et de faire partie de la société", constate cet ermite des temps modernes.

Au bout de quelques mois, la routine s'installe pour Paul Miller
www.theverge.com/

Rester connecté

Très déprimé, le journaliste tire finalement un bilan mitigé de cette expérience. Alors qu’il pensait retrouver sa vraie personnalité, il a finalement compris qu’Internet était au cœur de sa relation avec les autres : "Je voulais savoir ce qu’Internet me faisait pour pouvoir le combattre. Mais Internet n’est pas un passe-temps individuel, c’est quelque chose que nous faisons les uns avec les autres. Internet est là où se trouvent les gens".

Alors qu’il a désormais renoué avec le monde virtuel, Paul Miller n’est pas redevenu euphorique. L’ex-déconnecté ne se fait pas d’illusions. Il sait qu’il gâche beaucoup de temps sur le Web et qu’il n’écrira sans doute jamais la fin de sa nouvelle, mais au moins "il sera connecté". Comme le prouve ses nombreux messages sur Twitter, il est tout de suite redevenu "accro".

 

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