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La prison et le fouet pour avoir encouragé une Saoudienne à se convertir au christianisme

AFP

Un Libanais a été condamné à six ans de prison et 300 coups de fouet pour avoir converti sa collègue au christianisme et encouragé sa fuite du pays. Un complice a écopé de deux ans de prison et 200 coups de fouet pour avoir facilité son départ.

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L'affaire avait fait grand bruit en juillet en Arabie saoudite et vient d’être jugée au tribunal d’al-Khobar, dans l’est du royaume. Un Libanais a été condamné à six ans de prison et à 300 coups de fouet pour avoir encouragé une Saoudienne à se convertir au christianisme et à quitter le pays, selon le quotidien "Al-Watan".

Un Saoudien a également été condamné à deux ans de prison et à 200 coups de fouet pour avoir aidé la jeune femme à fuir l'Arabie saoudite, d’après le même journal.

Les trois protagonistes de cette affaire étaient employés dans une compagnie d'assurance.

Selon la presse locale, la Saoudienne, dont l'identité n'a pas été révélée, s'est réfugiée en Suède où elle se trouve sous la protection d'organisations non-gouvernementales.

Témoignage sur You Tube

Sur You Tube, on peut visionner le témoignage de la jeune femme, apparaissant voilée. Elle y explique les raisons de sa conversion.

La famille de la jeune saoudienne convertie avait déposé plainte, jugeant que la femme avait subi "un lavage de cerveau". L'avocat des parents, Maître H'moud al-Khalidi, s'est dit satisfait du verdict.

Les deux condamnés, eux, ont annoncé leur intention de faire appel. Ils pourraient, en outre, être poursuivis pour d'autres délits, comme la corruption et la falsification de documents officiels, qui ont permis à la jeune femme de quitter son pays sans accord de sa famille. Les Saoudiennes ne peuvent, en effet, pas voyager à l'étranger sans être accompagné par un parent proche ou avec la permission expresse de leur tuteur.

L'Arabie saoudite et la pratique de l'apostasie

Le royaume ultraconservateur applique une version rigoriste de l'islam. Les musulmans qui se convertissent à une autre religion sont passibles de la peine de mort. La pratique des autres religions est interdite dans le pays.

Les tribunaux bénéficient toutefois d'une grande liberté quant à l'application de la loi religieuse et ne sont tenus ni par la jurisprudence, ni par un code très précis.

Le roi Abdallah, qui a procédé à des réformes limitées depuis son accession au trône en 2005, a ouvert l'an dernier à Vienne un centre pour la promotion du dialogue interreligieux, après avoir financé en 2008 une conférence sur ce thème en Espagne.

Ces initiatives n'ont pas fait taire les critiques de certaines organisations de défense des droits de l'Homme qui condamnent les atteintes à la liberté religieuse en Arabie saoudite.
 

Avec dépêches

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