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Heurts entre salafistes et policiers en Tunisie : un mort et des blessés

Seifeddine Raïs, porte-parole du mouvement Ansar al-Charia
Seifeddine Raïs, porte-parole du mouvement Ansar al-Charia AFP

Des heurts se sont produits, dimanche près de Tunis et à Kairouan, entre les forces de l'ordre et les salafistes du mouvement Ansar al-Charia. Un homme est décédé à Tunis et plusieurs blessés sont signalés chez la police et les manifestants.

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Faute d'avoir pu tenir son congrès à Kairouan (150 km de Tunis), ville bouclée par un impressionnant dispositif de sécurité, des affrontements ont éclaté, dimanche 19 avril, entre policiers et salafistes dans la banlieue ouest de Tunis ainsi qu'à Kairouan, après que les autorités ont refusé la tenue du congrès du mouvement salafiste djihadiste Ansar al-Charia dans cette ville.

Un homme de 27 ans est décédé à Tunis suite à ces heurts, rapporte l'agence de presse officielle Tunis-Afrique-Presse. Quelque 200 islamistes d’Ansar al-Charia ont été arrêtés, a annoncé le Premier ministre tunisien Ali Larayedh, lundi. "Dans le cadre de la loi, nous serons inflexibles", a-t-il encore prévenu. La veille, le ministère de l'Intérieur tunisien avait publié un communiqué indiquant que "onze agents de sécurité [avaient] été blessés, dont un grièvement, ainsi que trois manifestants, dont un gravement".
 

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Gaz lacrymogènes contre jets de pierre

La police tunisienne a lancé des gaz lacrymogènes et tiré en l'air, à Tunis, pour disperser quelque 500 partisans du groupe islamiste radical Ansar al-Charia. Les salafistes, eux, jetaient des pierres sur les policiers.

Des blindés de la garde nationale sont, en outre, arrivés en renfort ainsi que des camions de l'armée pour tenter de disperser les militants.

Dans le même temps, des affrontements opposaient des salafistes et forces de l'ordre à Kairouan.

Interpellations

Un vaste dispositif de sécurité a été mis en place, les forces de l'ordre bouclant les entrées de Kairouan et déployant des centaines d'hommes à travers la ville.

Les véhicules étaient presque systématiquement fouillés et les barrages de la police sur le périphérique empêchaient depuis samedi les hommes barbus, un attribut salafiste, d'entrer dans la ville.

Une journaliste de l'AFP et des médias tunisiens ont fait état d'interpellations de militants salafistes à Kairouan et dans d'autres villes.

Le porte-parole d'Ansar al-Charia, Seifeddine Raïs, a notamment été arrêté à Kairouan, une information annoncée par l'organisation salafiste puis confirmée par une source sécuritaire. "Il a été interpellé à l'aube alors qu'il faisait un footing devant les policiers", a déclaré la source policière à l'AFP, qui a qualifié le comportement de Seifeddine Raïs de "provocation".

Ansar al-Charia qualifié de "menace pour la sécurité"

Le gouvernement tunisien dirigé par le parti islamiste Ennahda, qui a reconnu début mai la présence de groupes armés d'Al-Qaïda sur son territoire, a interdit le rassemblement annuel d'Ansar al-Charia, en le qualifiant de "menace pour la sécurité" du pays.

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Ennahda a longtemps été accusé de laxisme pour avoir toléré les groupuscules salafistes. Il a cependant considérablement durci sa position après que seize militaires et gendarmes ont été blessés fin avril et début mai par des mines posées par des groupes armés traqués à la frontière avec l'Algérie.

Ansar al-Charia accuse de son côté Ennahda de mener une politique anti-islamique et a menacé de "guerre" le gouvernement.

La Tunisie a vu depuis la révolution de 2011 se multiplier les violences orchestrées par la mouvance salafiste. Le pays est aussi déstabilisé par une profonde crise politique et le développement des conflits sociaux face à la misère.

Le chef d'Ansar al-Charia, Saif Allah Bin Hussein dit Abou Iyadh, est un vétéran d'Afghanistan ayant combattu avec Al-Qaïda. Il est en fuite depuis l'attaque de l'ambassade des États-Unis, les autorités le considérant comme l'organisateur de cette manifestation qui avait dégénéré en affrontements (quatre morts parmi les assaillants).

L'état d'urgence, qui donne des pouvoirs accrus à l'armée et aux forces de l'ordre, est en vigueur en Tunisie depuis janvier 2011 et la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali.

Avec dépêches

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