TURQUIE

Reportage : à Istanbul, les commerçants espèrent un retour au calme

Depuis six jours, la mobilisation contre le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan ne faiblit pas. Mais certains espèrent que le Premier ministre mettra rapidement un terme à l'agitation, comme ces commerçants d'Istanbul que FRANCE 24 a rencontré.

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Près d’une semaine après le début de la contestation, la mobilisation de la rue turque ne faiblit pas malgré les "excuses" présentées par le vice-Premier ministre Bülent Arinç aux victimes de brutalités policières. Mercredi, deux syndicats se sont joints au mouvement et ont appelé à continuer de réclamer la démission du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. À Istanbul, leurs cortèges sont arrivés dans l'après-midi sur la place Taksim, au cœur de la fronde qui agite la Turquie depuis vendredi, en scandant "Taksim, résiste, les travailleurs arrivent" ou encore "Tayyip, les pilleurs sont là !".

Mêmes scènes dans la capitale Ankara, où plus de 10 000 manifestants ont marché aux cris de "Dégagez la route, les révolutionnaires arrivent !" ou "Taksim est partout !" en agitant des drapeaux turcs. Tous attendent de pied ferme le retour d’Erdogan, qui doit rentrer ce jeudi soir d’une tournée diplomatique au Maghreb. Mais si les manifestants attendent le Premier ministre pour mieux lui signifier leur détermination, d’autres espèrent au contraire qu’il pourra mettre un terme à l’agitation.

"C’est mauvais pour le commerce"

C’est le cas notamment d’Aydin, un barbier d’Istanbul que les reporters de FRANCE 24 ont rencontré. Dans son échoppe traditionnelle, les clients défilent, la plupart sont âgés de 40 ans et plus. Après six jours et six nuits de contestation et de violence, le visage de leur ville s’est bel et bien transformé et la crise que traverse le pays est sur toutes les lèvres.

Pour le propriétaire des lieux, l’agitation a assez duré. "Nous les commerçants, nous voulons que tout cela s'arrête immédiatement, affirme Aydin. C'est mauvais pour le commerce. Et nous ne savons pas jusqu'où ça peut aller. Nous attendons le premier ministre. Il doit prendre la parole."

Comme le barbier et ses clients, nombres de Turcs attendent de Recep Tayyip Erdogan un geste d’apaisement. "Je pense que le Premier ministre devra faire des excuses, estime un voisin du barbier. S'il ne le fait pas, alors nous effectuerons un virage vers la dictature. S'il ne s'excuse pas, le peuple ne l'oubliera jamais."

"La plupart des gens qui vivent en Turquie se plaignent des interdictions imposées par la loi et de la dégénérescence de la démocratie", reconnaît toutefois Aydin. " Les plans du gouvernement inquiètent la population", estime-t-il.

"Une dictature, c'est différent", observe un client. "Dans une vraie dictature, ce niveau de répression ne serait vraiment rien", poursuit-il en référence à la violence exercée par les forces de l’ordre et qui a suscitée l’indignation internationale. Pour lui, "les vrais dictateurs, ce sont des hommes comme Saddam Hussein qui gazent leur population".

 

 

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