MANIFESTATIONS EN TURQUIE

Depuis Tunis, Erdogan affirme qu'il ne cédera pas face aux manifestants turcs

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan (à g.), à Tunis.
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan (à g.), à Tunis. AFP

Le Premier ministre turc a affirmé, jeudi, à Tunis, que son gouvernement mènerait à bien le projet de réaménagement du parc Gezi, à Istanbul, à l’origine de la contestation en Turquie.

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La diplomatie américaine a exhorté jeudi les dirigeants turcs à éviter les propos "inutiles", en réaction à la déclaration du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan dénonçant l'implication de "terroristes" dans le mouvement de contestation dans son pays.

"Nous encourageons les responsables à éviter toute rhétorique inutile, tout commentaire inutile, qui ne contribuent pas à apaiser la situation en Turquie", a déclaré la porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki.

En déplacement jeudi 6 juin à Tunis, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré refuser de céder aux rassemblements qui agitent la Turquie depuis une semaine et a accusé une organisation terroriste ainsi que sept étrangers de participer aux troubles.

En ce qui concerne le projet urbain menaçant le parc Gezi, à Istanbul, projet à l'origine de la contestation contre le gouvernement, Recep Tayyip Erdogan s’est montré déterminé : "Nous conduirons ce projet à bout, a-t-il déclaré. Le projet respecte l'histoire, la culture et l'environnement [...]. Ce que nous faisons, c'est protéger les droits de la majorité et préserver la beauté d'Istanbul."

Le projet, qui prévoit en outre la démolition d'une salle de concert, la construction d'une mosquée et d'une réplique de caserne ottomane qui pourrait accueillir un centre commercial ou un musée, ainsi que des logements de standing, menace les arbres du parc, dont certains sont septuagénaires.

Des terroristes parmi les protestataires, selon Erdogan

"Nous ne permettrons pas à une minorité de dicter sa loi à la majorité, et nous n'accepterons pas non plus la tyrannie de la majorité", a assuré Erdogan, avant de dénoncer la participation d'une organisation "terroriste" à la protestation.

"Parmi les protestataires, il y a des extrémistes, certains sont impliqués dans le terrorisme [...] et des partisans de cette organisation terroriste étaient présents sur la place [Taksim]", a en outre assuré le chef du gouvernement, évoquant l'attentat contre l'ambassade des États-Unis à Ankara en février attribué à un groupe d'extrême gauche.

"Il y a sept étrangers impliqués dans les troubles dont six ont été traduits devant le procureur de la République et un est en état d'arrestation", a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre turc a cependant tenu à souligner qu'il ne considérait pas les écologistes comme des fauteurs de troubles : "Nous connaissons bien ceux impliqués dans ces troubles, et j'en exclus tous les citoyens sensibles à la préservation de l'environnement".

Avec dépêches

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