EN IMAGES

Pierre Mauroy : de la retraite à 60 ans à l'abolition de la peine de mort

AFP

Pierre Mauroy s'est éteint vendredi, à l'âge de 84 ans. Premier chef du gouvernement socialiste sous la Ve République, il fut l'une des figures marquantes du Parti socialiste jusqu'à son retrait de la vie politique en 2001.

Publicité

Les hommages abondent à la suite de l'annonce du décès de l’ancien Premier ministre français Pierre Mauroy, à l’âge de 84 ans. En déplacement à Tokyo, le chef de l’État François Hollande a salué la figure de l'homme de gauche : "Il a servi son pays sans jamais occulter ses valeurs fondamentales". "C'était un homme de fidélité à ses origines ouvrières (...), aussi à une cause, l'union de la gauche, et à une démarche, l'unité des socialistes. […] Il considérait que le peuple devait avoir accès à tous les biens, à tous les honneurs, à tout ce qui fait le sel de la vie".

Né le 5 juillet 1928 à Cartignies (Nord), fils d'instituteur et petit-fils de bûcheron, Pierre Mauroy baigne dès son plus jeune âge dans le socialisme, bercé par le souvenir de Jules Guesde et de Jean Jaurès. Sur l’antenne de France 24, Edith Cresson, ancien Premier ministre, évoque un homme "de très forte conviction", qui "incarnait depuis toujours les valeurs socialistes". Il adhère dès 16 ans aux Jeunesses socialistes, dont il devient secrétaire général en 1955.

it

La carrière politique de Pierre Mauroy reste intimement liée à celle de François Mitterrand. En 1965, il soutient activement le candidat unique de la gauche contre le général de Gaulle à la présidentielle. Puis, en 1971, au congrès d'Epinay, il apporte les voix du Nord à Mitterrand qui prend la tête du nouveau Parti socialiste.

Mais après la victoire de Valéry Giscard d'Estaing à l’élection présidentielle de 1974, Mauroy se rapproche de Michel Rocard, considéré comme plus moderne et plus européen, qui l'entraîne dans sa défaite face à Mitterrand, au congrès socialiste de Metz, en 1979. La disgrâce est de courte durée puisque Mitterrand lui tend la main et le nomme Premier ministre en 1981 après en avoir fait le porte-parole de sa campagne.

L’homme, bon vivant, au physique imposant et à la voix grave, met alors en œuvre le "changer la vie" prôné par le Parti socialiste : réformes sociales, décentralisation, nationalisations, abolition de la peine de mort. Quelques années plus tard, Mauroy se dit fier "d’avoir réalisé 93 de ses 110 propositions" du programme de Mitterrand.

it

Devant la menace de faillite économique - déficits publics et poursuite de l'inflation -, il assume le tournant de la rigueur en 1982-83, auquel se résout à regret Mitterrand. Pierre Mauroy "a été décisif dans le fait de convaincre (François) Mitterrand qu'il ne fallait pas sortir du système monétaire européen et casser l'Europe pour faire le socialisme dans un seul pays. Mitterrand y avait un peu pensé", se souvient Michel Rocard, cité par l’AFP.

En juillet 1984, épuisé, le Premier ministre quitte Matignon après le retrait de la loi Savary sur l'éducation combattue par les partisans de "l'Ecole libre". Mauroy se replie sur son beffroi de Lille, ville à laquelle il a su redonner un essor et un dynamisme économique. Martine Aubry, qui lui succède en 2001 à la mairie, se dit "profondément bouleversée" et tient à rappeler "un maire d'exception (...) pendant 28 ans" en le qualifiant de "géant". Entre Mauroy, le "chti" et fier de l'être, et Aubry, qui fut son adjointe durant de longues années, les relations ont pourtant parfois été tendues.

Lors de son hommage à Pierre Mauroy, François Hollande a conclu en rappelant : "Sa formule était qu'il fallait mettre du bleu dans le ciel. Aujourd'hui il est avec le bleu."

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine