ESPAGNE

Les ennuis judiciaires du frère de Michèle Tabarot embarrassent la numéro 2 de l’UMP

AFP

La députée-maire UMP Michèle Tabarot pourrait être visée par une procédure ouverte en 2008 contre son frère Claude Roch Tabarot, accusé d'avoir organisé une vaste escroquerie immobilière. Les enquêteurs soupçonnent un financement politique illégal.

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, correspondante de FRANCE 24 à Madrid

Michèle Tabarot, députée-maire UMP du Cannet et proche de Jean-François Copé, pourrait être éclaboussée par une procédure ouverte en 2008 en Espagne contre l’un de ses frères, Claude Roch Tabarot. Chef d’entreprise installé sur la Côte méditerranéenne entre Alicante et Benidorm, il est accusé d’avoir organisé une vaste escroquerie immobilière via sa société Riviera Invest. Il lui est notamment reproché d’avoir vendu des appartements sur plans, à Grenade et en Murcie, qui n’ont jamais été construits et sur des terrains qui ne lui appartenaient pas.

Le dossier, toujours en phase d’instruction en Espagne, pourrait maintenant déboucher, à la demande des victimes, sur une enquête concernant le train de vie des Tabarot et sur le financement des activités politiques de la députée.

Financement de campagnes électorales

Dans un rapport de la police espagnole dont FRANCE 24 s’est procuré une copie, les enquêteurs de l’unité de la délinquance économique et fiscale de la police judicaire espagnole soupçonnent la direction de Riviera Invest d’avoir massivement détourné de l’argent. Concrètement selon ce rapport, 21,9 millions d’euros se sont volatilisés des comptes bancaires de la société sans que personne ne sache à quoi ces fonds ont servi.

Dans leurs conclusions, les policiers résument ainsi leur analyse financière de la société : "Il y a eu la volonté de cacher la destination d’importantes quantités d’argent, comme en témoignent les retraits d’argent liquide (pour un montant de 13,5 millions d’euros) ou les virements vers l’étranger (8,4 millions d’euros)." Ces virements ont essentiellement été effectués vers des comptes au Maroc, mais aussi, dans une moindre mesure, vers les États-Unis et la France.

L’avocat des victimes de l’escroquerie immobilière, Me José Luis Escobar, soupçonne qu’une partie des fonds détournés ait servi au financement de campagnes électorales. Il utilise également le témoignage de l’une des victimes de l’arnaque immobilière, ancien proche de la famille Tabarot, qui évoque le transport par voiture de 3 millions d’euros en liquide vers les Alpes-Maritimes à l’occasion des municipales de 2008.

Les autorités judiciaires pourraient s'intéresser également au financement des activités politiques du second frère de la famille, Philippe Tabarot, secrétaire national de l'UMP, conseiller général des Alpes-Maritimes et candidat à la mairie de Cannes en 2014 .

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