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Parc Gezi : "Erdogan essaie de nous monter les uns contre les autres"

Mehdi Chebil / France 24

Le parc Gezi à Istanbul s’est transformé en véritable camp retranché, dans la nuit de mardi à mercredi, alors que les affrontements continuaient de faire rage sur la place Taksim voisine. Reportage aux côtés des "indignés" turcs assiégés.

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, envoyé spécial à Istanbul

Les "indignés" turcs retranchés dans le parc Gezi, à Istanbul, sont sur les dents. Alors que les nuages de gaz lacrymogènes se faufilent entre les tentes au gré des vents, les campeurs, exténués, craignent que les affrontements incessants entre policiers et manifestants sur la place Taksim adjacente ne soient que le prélude à leur expulsion.

"Après l’arrivée des policiers place Taksim, nous avons vu venir dans le campement des personnes que nous n’avions jamais vues auparavant. Ils étaient très virulents et on sentait qu’ils étaient là pour provoquer et donner une excuse à la police de pénétrer dans le parc", confie à FRANCE 24 Dinçer, un "indigné" de 27 ans installé dan le parc Gezi depuis presque deux semaines.

En images - le parc Gezi sous tension
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L’idée selon laquelle des agitateurs à la solde du pouvoir ont déclenché les affrontements avec les forces de l'ordre est très répandue parmi des campeurs encore sonnés par la reprise de la place Taksim. Amers, les "indignés" sentent que le piège du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan est en train de se refermer sur eux.

De Woodstock au camp retranché

Erdogan doit rencontrer des représentants de la place Taksim

Les tentatives de préserver le caractère non violent du mouvement ont rapidement tourné court et de nombreux "indignés" soutiennent les manifestants qui se battent contre les forces de police à proximité du parc Gezi.

"Ce gouvernement est incroyablement vicieux, il essaie de nous monter les uns contre les autres", s’indigne Aysel. Cette jeune cadre d’import-export met un point d’honneur à troquer son tailleur contre un casque de chantier et un masque à gaz pour rejoindre chaque soir le parc Gezi.

"Tout ça fait partie d’un plan du gouvernement visant à nous présenter comme des dépravés sexuels alcoolisés. Mais le fait qu’Erdogan fasse dix discours par jour montre surtout qu’il est réellement effrayé par notre mouvement", ajoute la femme de 26 ans dans un anglais parfait.

Le brusque passage d’une ambiance Woodstock à une atmosphère de camp retranché n’a pour l’instant pas fait déserter la jeunesse occidentalisée qui représente le fer de lance du mouvement. Mais sa détermination promet d’être mise à rude épreuve dans les jours qui viennent.

 

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