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EUROPE

Exception culturelle : José Manuel Barroso juge la France "réactionnaire"

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 18/06/2013

Le président de la Commission européenne a condamné la décision, prise sous la menace d'un veto de Paris, d'exclure l'audiovisuel des négociations commerciales entre l'Europe et les États-Unis afin de protéger l'exception culturelle européenne.

Après treize heures de négociations ininterrompues, les ministres européens en charge du Commerce extérieur ont donné, vendredi 14 juin, leur feu vert à la Commission européenne pour qu'elle lance les négociations avec les États-Unis sur un nouvel accord de libre-échange. Pour parvenir à l'unanimité, ils ont accepté, comme l'exigeait la France, d'exclure complètement le secteur audiovisuel des discussions. Une décision vivement critiquée par José Manuel Barroso.

Lundi 17 juin, le président de la Commission européenne, a, en effet, violemment dénigré la volonté de la France d'écarter le secteur audiovisuel du mandat des négociations commerciales avec les États-Unis qualifiant cette attitude de "réactionnaire". "Cela fait partie de ce programme anti-mondialisation que je considère comme totalement réactionnaire", a déclaré José Manuel Barroso, dans un entretien publié par l'International Herald Tribune.

Hollande ne "peut pas croire" que Barroso "ait tenu ces propos"

Le président français a indiqué, à son arrivée à Lough Erne (Irlande du Nord), qu’il ne "pouvait pas croire que le président de la Commission européenne ait tenu ces propos". L'exception culturelle "est un principe qui a toujours été évoqué et à chaque fois écarté des négociations commerciales" conduites par l'Union européenne ces dernières décennies, a répliqué le chef de l'État français. "Il n'y a pas de raison que ça change cette fois-ci dans la discussion avec les États-Unis", a-t-il insisté.

Le président de la Commission européenne a, par ailleurs, indiqué qu'il était favorable à la protection de la diversité culturelle mais sans mettre un cordon autour de l'Europe. "Certains [de ceux qui défendent l'exception culturelle, NDLR] disent être de gauche mais ils sont en fait extrêmement réactionnaires", a-t-il insisté.

Les défenseurs de l'exception culturelle "ne comprennent pas les bénéfices qu'apportent la globalisation [des échanges, NDLR] y compris d'un point de vue culturel, pour élargir nos perspectives et avoir le sentiment d'appartenir à la même humanité", a-t-il enfin poursuivi.

D'autres voix politiques se sont élevées en France en réaction aux propos de Barroso. "Je crois que Barroso s'est complétement trompé, c'est lui même qui est complètement rétro dans sa conception du libre échange", a ainsi déclaré le député européen Daniel Cohn-Bendit.

Pour François Bayrou, président du Modem, il s'agit d'une déclaration blessante qui montre qu'il y a un certain nombre de responsables qui ne comprennent pas ce qu'est la nature de la France et la vraie nature de l'Europe. Il faut leur dire. Il faut que tous les responsables nationaux se serrent les coudes".

"Marchandisation de la culture"

D’autres, au contraire se sont réjouis d’une telle décision. Au nom des cinéastes européens, les réalisateurs belges Jean-Pierre et Luc Dardenne ont salué une victoire essentielle contre la "marchandisation de la culture".

L'Europe reste pour le moment libre de définir sa politique de quotas et de subventions pour le cinéma, la télévision, la musique et la radio, et de trouver comment se protéger devant les nouveaux vecteurs de diffusion et la multiplication des écrans individuels.

La Commission européenne pourra plus tard toujours redemander de discuter de l'audiovisuel, mais il lui faudra toujours obtenir un accord unanime des États.

Avec dépêches
 

Première publication : 17/06/2013

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