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Un opposant au mariage gay condamné à deux mois de prison ferme

AFP

Un opposant au mariage pour tous a été condamné à deux mois de réclusion ferme pour rébellion. Le jeune homme, âgé de 23 ans, a été interpellé dimanche alors qu'il participait à une manifestation non autorisée dans le XVIe arrondissement de Paris.

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Condamné à deux mois de prison ferme avec un mandat de dépôt pour rébellion lors d'une manifestation dimanche soir, un jeune opposant au mariage homosexuel devait être écroué mercredi 19 juin au soir. Une première qui a suscité l'indignation des opposants à la loi Taubira.

L'homme, âgé de 23 ans, a été condamné à quatre mois de prison, dont deux mois ferme, et à 1 000 euros d'amende en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Paris, selon une source judiciaire.

Le jeune homme était présent avec les quelque 1 500 opposants au mariage pour tous qui s’étaient réunis le 16 juin devant les locaux de la chaîne de télévision M6, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), où le président François Hollande participait à l'émission "Capital". Il a ensuite manifesté avec d'autres opposants au mariage homosexuel dans le XVIe arrondissement de Paris, où il a été interpellé, aucune manifestation n'y ayant été déclarée.

Il a refusé de se livrer à un prélèvement de ses empreintes ou à un prélèvement ADN, a-t-on ajouté. "C'est scandaleux, monstrueux", a déclaré à l'AFP, Me Frédéric Pichon, avocat très impliqué dans la défense des opposants au mariage homosexuel, qui avait été désigné pour défendre le jeune homme, mais qui a été finalement substitué par l'un de ses confrères. Ce dernier n'a pu être joint par l'AFP.
"Ils ont voulu faire un exemple, il était dans le collimateur. Ils veulent que le mouvement s'arrête", a poursuivi Me Frédéric Pichon, qui a affirmé que le condamné a fait appel.

"Lamentable", "délirant"

Sur le réseau social Facebook, les réactions n'ont pas tardé. "Lamentable", "délirant", pouvait-on notamment lire dans des commentaires postés sur la page d'opposants au mariage homosexuel "Prisonnier politique". "Aujourd'hui, si on n'est plus d'accord avec le gouvernement et qu'on se rebelle, on va en prison, en prison !", a pour sa part déclaré à l'AFP Béatrice Bourges, porte-parole du Printemps français.

"Les délinquants qui attaquent un RER et dévalisent les gens, ils n'ont que du sursis ou rien, a-t-elle ajouté en référence à l'attaque d'un RER à Grigny (Essonne). Et là, parce qu'un jeune se rebelle, il a deux mois de prison ferme. Ce soir, il est avec les délinquants, traité comme un délinquant dangereux."

Les manifestations contre le mariage homosexuel ont été émaillées d'incidents parfois violents faisant plusieurs dizaines de blessés parmi les forces de l'ordre et donnant lieu à plusieurs centaines d'interpellations. Cinquante parlementaires d'opposition, presque tous membres de l'UMP, ont écrit, mardi, à François Hollande pour dénoncer les "agissements arbitraires" des forces de l'ordre, dont sont victimes, selon eux, les opposants au mariage pour tous, selon le député UMP-PDC Jean-Frédéric Poisson.

Action en justice contre l'État

Les parlementaires évoquent des "intimidations incessantes", "des arrestations ayant pour seul motif le port d'un t-shirt ou d'un drapeau", "des arrestations, séquestrations et gardes à vue arbitraires" ou "des pratiques disproportionnées en termes de maintien de l'ordre".

"De très nombreuses plaintes sont ou seront déposées pour obtenir réparation de l'État", poursuivent les signataires, parmi lesquels le député de la Drome, Hervé Mariton, en pointe dans l'opposition au mariage homosexuel, le député des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, ou l'ex-ministre Valérie Pécresse.

Le 7 juin, des avocats ont déposé auprès du parquet de Paris plus de 100 plaintes liées à des interpellations effectuées en marge de manifestations. Les responsables de la Manif pour tous ont de leur côté rencontré mercredi soir 150 de leurs militants souhaitant également intenter une action en justice notamment contre l'État.

 Avec dépêches

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