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Soweto accueille Barack Obama, "un homme de paix comme Mandela"

Le marché de Bara à Soweto.
Le marché de Bara à Soweto. Charlotte Boitiaux/FRANCE 24

Au marché de Bara, à Soweto, à deux pas de l'université où le président Barack Obama doit rencontrer samedi des étudiants et entrepreneurs sud-africains, les habitants de cette banlieue de Johannesburg se réjouissent de sa venue.

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Lors de son entrevue avec Barack Obama, le président sud-africain Jacob Zuma a déclaré que Nelson Mandela était toujours dans un état "critique mais stable",  tout en formulant l'espoir que l'icône de la lutte contre l'apartheid, 94 ans, sorte "très bientôt" de l'hôpital.

Le bruit est assourdissant, l'odeur de nourriture brûlée particulièrement forte. Il n'est que 10 heures du matin, samedi 29 juin, et déjà dans les allées de Bara, le plus grand marché du township de Soweto, à quelques centaines de mètres seulement de l'université de Johannesburg où Barack Obama est attendu ce samedi, l'activité bat son plein.

La voix du chanteur britannique James Blunt, sortie d'un vieux lecteur CD posé sur le trottoir, résonne entre les stands des vendeurs. "Un chanteur américain pour la venue d'un Américain", se méprend en riant Edward, le propriétaire de l'appareil, assis en tailleur devant un amas de vêtements posés à même le sol et qu'il vend 20 rands l'unité (1,50 euro). "Je sais que le président américain vient aujourd'hui nous voir, je suis content", ajoute-t-il.

"C’est un Africain"

Comme Edward, beaucoup d'habitants se réjouissent de la venue de Barack Obama. D'un point de vue économique surtout. "Si vous le voyez, dites lui de venir ici avec encore plus d'entreprises", confie Stanley, un Sud-Africain de 78 ans coiffé d'un bonnet

Charlotte Boitiaux / FRANCE 24

noir sur la tête alors que le soleil commence à taper. À ses côtés Eva, une amie, ne cache pas elle non plus sa joie. "On a besoin de boulot, et lui peut nous offrir ces opportunités", explique-t-elle en riant.

Certains précisent aussi qu'ils sont surtout fiers de recevoir le premier président américain noir. "C'est un Africain", s'enthousiasme Petruce, en zoulou, tout en dépliant son stand de DVD vendus 10 rands l'unité (75 centimes d’euro). "Je trouve qu'il traite les gens bien, c'est un homme de paix comme Mandela. L'économie c'est bien mais respecter les êtres humains c'est mieux", ajoute-t-il.

Pas question pour lui comme pour Eva de voir dans le déplacement officiel de Barack Obama un voyage "irrespectueux" vis-à vis de l'état de santé de Nelson Mandela, hospitalisé depuis trois semaines à Pretoria. "La vie doit continuer, lance Eva. Je ne pense pas que Mandela aurait voulu qu'on le reçoive mal, il n'aurait pas aimé."

"Nous l'aimons bien mais qu'il revienne plus tard"

La veille, pourtant, à Pretoria, environ 300 manifestants se sont rassemblés pour manifester contre la visite du chef de l'État américain. Certains estiment que l'heure n'est pas aux affaires et aux tractations économiques. "Le peuple est au chevet de Mandela, il n'a pas envie de voir Obama débarquer avec son argent et son arrogance", explique ainsi Boitumelo, une étudiante affiliée au Parti communiste sud-africain. "Nous l'aimons bien mais qu'il revienne plus tard", ajoute son amie Becky.

Eva et Stanley. © Charlotte Boitiaux/FRANCE 24

D'autres encore, plus virulents, comparent Barack Obama à un "terroriste", qualificatif déjà attribué à Nelson Mandela durant l’apartheid. "Il est l'opposé de Mandela, c'est un homme qui fait la guerre et qui avait promis de fermer Guantanamo, mais il n'a rien fait", dénonce Nizam Omar, un Sud-Africain investi dans la cause palestinienne.

Barack Obama, qui a quitté le Sénégal vendredi, doit rester trois jours en Afrique du Sud. Il ne se rendra pas au chevet de l'icône de la lutte contre l'apartheid, mais devrait s’entretenir avec la famille de Nelson Mandela.

 

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