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AFFAIRE PRISM

Plusieurs pays bottent en touche après les demandes d'asile de Snowden

© Capture d'écran du compte Facebook d'Edward Snowden
4 min

Edward Snowden a demandé l'asile à 21 pays, dont la France et la Russie, selon WikiLeaks. Des demandes accueillies avec embarras par certains ou directement rejetées par d’autres.

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Plusieurs pays semblent embarrassés, mardi 2 juillet, par les demandes d'asile adressées par Edward Snowden. Bloqué dans un aéroport russe, l'ancien agent de la NSA, à l'origine des révélations explosives sur le système mondial d'espionnage mis en place par les États-Unis, aurait ainsi demandé l'asile politique dans 21 pays, selon Wikileaks.

Le site internet a indiqué que Snowden avait déposé une demande d'asile en Pologne, Équateur, Nicaragua, Cuba, Venezuela, Brésil, Inde, Chine, Espagne, Allemagne et France. Ces demandes, précise le site du groupe spécialisé dans la divulgation massive de documents confidentiels, ont été remises aux autorités russes qui ont commencé à les diffuser auprès des ambassades concernées à Moscou.

Si Paris a nié avoir reçu une quelconque demande contrairement aux affirmations de WikiLeaks, d’autres ont officiellement rejeté la requête de l'ex-consultant en informatique de la National Security Agency (NSA). Moscou a, pour sa part, annoncé que le fugitif avait renoncé à demander l'asile à la Russie en raison des conditions posées par Moscou, à savoir l'arrêt de ses activités qualifiées de "nuisibles".

Refus du Brésil, de l’Inde et de la Pologne

Le Brésil a fait savoir mardi via le porte-parole du ministère des Affaires étrangères qu'il n'accorderait pas l'asile politique à l'informaticien. Même son de cloche du côté de la Pologne. "Même si [la demande respectait les conditions officielles d'une demande d'asile], je ne lui donnerais pas de recommandation positive", a indiqué sur Twitter le chef de la diplomatie polonaise, Radoslaw Sikorski.

Les autorités indiennes ont quant à elles estimé qu’"il n’y avait aucune raison d'accéder à la demande", selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Syed Akbaruddin. En Autriche, la ministre de l'Intérieur Johanna Mikl-Leitner a laissé entendre qu'une réponse positive n'était pas envisageable si Edward Snowden venait à se rendre en Autriche.

Des requêtes jugées invalides

Dans d’autres pays, comme l’Espagne ou la Norvège, les autorités ont confirmé avoir reçu une demande d'asile, mais qui ne respectait pas les conditions officielles, à savoir que le demandeur doit se trouver dans le pays où il fait sa requête. L’Italie a quant à elle évoqué des "anomalies". "La demande est arrivée par fax, [or] la procédure prévoit que les demandeurs fassent leur requête personnellement", a expliqué à l'AFP une source du ministère ayant requis l'anonymat.

Certains États ont eux affirmé ne pas avoir reçu de demande. En France, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Philippe Lalliot, a assuré que Paris n'avait reçu "aucune demande officielle". Même réaction de la Suisse. En Islande, les autorités n'ont pas non plus confirmé avoir reçu de demande officielle, mais ont en revanche engagé des discussions informelles.

Enfin, en Bolivie, rare pays à ne pas avoir mis d’emblée un bémol à cette demande, le président Evo Morales a déclaré que son pays était prêt à aider le jeune homme. "S'il y avait une demande, nous serions bien sûr prêts à en débattre et à prendre en considération cette idée", a-t-il déclaré à la chaîne de télévision anglophone russe Russia Today.

"Chasse à l’homme"

De son côté, Edward Snowden, s'est exprimé pour la première fois depuis son départ de Hong Kong, il y a huit jours. Dans une déclaration postée sur WikiLeaks, il s’en est pris à Barack Obama qu’il a accusé de "faire pression sur les dirigeants" des pays auprès desquels il cherche protection. Selon lui, le président américain est coupable de "tromperie" et de vouloir lui appliquer la "sanction illégale" de l'exil. Il s’est surtout dit en mesure de faire de nouvelles révélations sur les activités d'espionnage des Etats-Unis. 

Dans une lettre en espagnol publiée lundi, qu'il a fait parvenir au président équatorien Rafael Correa, l'ex-consultant informatique de la NSA a dénoncé une "chasse à l'homme extra-judiciaire" mené par  Washington. "Cela m'a coûté ma famille, ma liberté de déplacement et mon droit à vivre sereinement sans la crainte d'une agression illégale", a-t-il écrit.
 
Avec dépêches

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