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Présidentielle 2017 : Sarkozy n’est pas "l'homme providentiel", selon Fillon

AFP

Lors d'un meeting à la Grande-Motte jeudi soir, l'ex-Premier ministre François Fillon a porté de lourdes critiques envers l'ancien président Nicolas Sarkozy, qui n'est selon lui pas le seul "recours" pour la future primaire de l'UMP.

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François Fillon s’affranchit encore un peu plus de Nicolas Sarkozy. L’ancien Premier ministre a affirmé, jeudi 11 juillet lors d’une réunion publique à la Grande-Motte (sud de la France), que l’ex-président ne détenait pas le rôle d'"homme providentiel" ni de "recours" pour l'UMP dans la perspective de la présidentielle de 2017.

Trois jours après la venue de Nicolas Sarkozy devant le bureau politique de l'UMP, François Fillon n'a pas mâché ses mots contre l'ancien chef de l'État.

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"Je ne lie pas l'avenir de l'UMP à un homme", "l'UMP ne peut vivre congelée, au garde à vous, dans l'attente d'"un homme providentiel", "chacun a le droit de vouloir servir son pays et chacun aura le droit d'être candidat aux primaires, mais personne ne peut dire ‘circulez ! il n 'y a rien à voir, le recours c'est moi !’" a-t-il déclaré.

Exaspération

La charge violente de François Fillon a démontré le niveau d'exaspération qu'il a ressenti lundi soir, quand il a dû écouter sans broncher Nicolas Sarkozy, accueilli en star par le bureau de l'UMP et des partisans, venus se masser devant le parti, en criant "Nicolas président". Lui, a contrario, a essuyé quelques sifflets.

La volonté de s'affirmer après cette séquence était d'autant plus forte, que l'ex-Premier ministre a franchi un pas en annonçant, début mai depuis Tokyo où il était en déplacement, qu'il serait candidat en 2016 à la primaire UMP pour la présidentielle de 2017, et cela "quoi qu'il arrive".

Tout en mettant en avant des réussites, François Fillon s'est également livré à une forme d'inventaire du quinquennat, soulignant en creux l'absence d'auto-critique de Nicolas Sarkozy. "Nous avons agi dans l'urgence, trop souvent au coup par coup, sans aller toujours au bout des changements nécessaires et attendus. Notre économie n'a pas été suffisamment modernisée, notre modèle social n'a pas été repensé en profondeur, notre pacte républicain est resté fragile malgré nos efforts pour faire reculer la délinquance", a-t-il estimé.

"Rester sur son piédestal, c'est l'assurance d'échouer"

"Nous avons perdu face à une gauche mensongère, mais dire cela ne suffit pas ! Nous avons perdu parce que le sens que nous voulions donner à notre politique ne fut jugé, à tort ou à raison, ni assez lisible, ni assez puissant", a-t-il ajouté.

François Fillon a aussi voulu se montrer modeste : "Nous devons tous faire nos preuves, moi le premier. Depuis plusieurs mois, je multiplie les déplacements, comme un militant parmi les militants". "Rester sur son piédestal en attendant que la gauche s'effondre et en espérant être plébiscité par les Français : ça, c'est l'assurance d'échouer", a-t-il ajouté.

Alors que le nom de Nicolas Sarkozy est évoqué dans plusieurs enquêtes judiciaires, François Fillon a appuyé sur un point sensible en affirmant jeudi soir que "la multiplication des affaires pourrit l'atmosphère". Nicolas Sarkozy était venu devant le bureau politique de son parti, dans une situation financière délicate, après l'invalidation de ses comptes de campagne présidentielle pour insincérité et dépassement des frais de campagne autorisés.

Au sein de l’UMP, les paroles de François Fillon ont divisé. Geoffroy Didier, un des cofondateurs du courant UMP "La Droite forte" qui s'est mis au service de l'ex-président, a répliqué via Twitter : "Par respect pour tous ceux qui défendent nos idées et nos valeurs, l'unité doit être notre seul discours. Le rassemblement est une exigence."

Avec dépêches

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