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Niamana : "Voter pour ne pas se sentir étranger dans son pays"

FRANCE 24

Alors que le Mali élit son nouveau président le 28 juillet, la journaliste de FRANCE 24 Philomène Rémy sillonne le pays, de Bamako à Gao, pour comprendre les enjeux de cette élection. Lisez, chaque jour, son carnet de route.

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, envoyée spéciale au Mali

En rentrant dans le camp de Niamana, l'un des trois centres de déplacés de la région de Bamako, notre regard s'est immédiatement tourné vers les enfants. Après avoir fui l'occupation du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et du Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) dans le nord du Mali, il y a près de deux ans pour certains, ils sont arrivés ici et ont fait d'une cour du camp leur terrain de jeu.

Pour ces enfants, chaque objet se transforme en jouet : les boîtes de conserve deviennent des casseroles magiques pour les filles et les morceaux de bois séchés deviennent des chevaux pour les garçons. La cour où ils jouent est entourée de quelques bâtisses qui font office de lieux d'habitation pour ces 137 déplacés. Tous, petits et grands, attendent avec impatience de rentrer chez eux. Mais faute d'argent et de moyens, ce retour est pour l'instant impossible.

Ne pas voter, une énorme déception pour les déplacés

Myriam nous explique qu'elle ne peut pas rentrer à Tombouctou avec ses quatre enfants car sa maison en terre cuite s'est effondrée. Ce type d'habitation nécessite d'être consolidée tous les six mois. Toute cette communauté attend beaucoup de l'élection présidentielle du 28 juillet. Mais rares sont ceux qui ont reçu leur carte d'électeur.

Et pour les quelques chanceux en possession du précieux sésame, cette carte est inutile car ils ne pourront pas voter, comme nous l'explique Dicko : "Nous sommes toujours enregistrés dans nos villes natales et étant dans l'incapacité de rentrer, nous ne pourrons pas effectuer notre devoir de citoyen". Une déception d'autant plus grande pour Monique, âgée de 22 ans, qui se préparait à voter pour la première fois : "Je me sens comme une étrangère dans mon pays si je ne peux pas choisir mon président".

Selon les derniers chiffres des Nations unies, près de 400 000 Maliens ont dû quitter leur foyer et 200 000 d'entre eux sont des déplacés comme Myriam, Dicko et Monique.

 

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