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John Kerry dénonce à l'ONU l'aide apportée aux rebelles en RDC

John Kerry (à dr.) et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon
John Kerry (à dr.) et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon AFP

Lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, le secrétaire d’État américain John Kerry a accentué la pression sur le Rwanda, accusé de soutenir les rebelles congolais du M23 impliqués dans de violents combats en RDC.

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À l’occasion d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies jeudi 25 avril, le secrétaire d’État américain John Kerry a renouvelé l’appel des États-Unis au Rwanda pour qu’il cesse de soutenir les rebelles actifs dans l’est de la République démocratique du Congo.
 
Les combats ont été particulièrement violents ces derniers jours entre les forces armées de République démocratique du Congo (FARDC) et le M23. Ce groupe armé est dirigé par d’anciens officiers rwandophones, principalement de l’ethnie tutsie, entrés en rébellion en avril 2012.
 
"Les États-Unis sont profondément préoccupés par les récents rapports sur le soutien externe au M23 et les collaborations avec les FDLR [Forces démocratiques de libération du Rwanda, Ndlr]. Je veux insister aujourd’hui : toutes les parties doivent immédiatement mettre fin à leur soutien aux groupes armés rebelles", a déclaré Kerry, qui préside actuellement le Conseil de sécurité.
 
Contrairement à sa porte-parole Jen Psaki mardi, le secrétaire d’Etat n’a pas nommément désigné le Rwanda. Le ton mesuré employé lors des échanges au Conseil de sécurité a toutefois dû être différent lors des entretiens séparés à huis clos, entre Kerry et les ministres des Affaires étrangères de RDC et du Rwanda.
 
Soutien à un "groupe qui commet des exactions"
 
Les pressions américaines font suite à deux rapports accusant Kigali de soutenir directement le M23. Mardi, l’ONG américaine Human Rights Watch faisait état de nombreux témoignages sur l’implication de l’armée rwandaise dans l’approvisionnement, le recrutement et l’entraînement des rebelles.
 
"Non seulement le Rwanda permet au M23 de se procurer des recrues et de l'équipement sur son territoire, mais les militaires rwandais continuent d'apporter un soutien direct à ce groupe qui commet des exactions", a déclaré Daniel Bekele, directeur Afrique à Human Rights Watch.
 
Des experts de l’ONU ont quant à eux indiqué dans un rapport publié le 19 juillet avoir "rassemblé des éléments de preuve indiquant qu’un appui continu, mais limité, est apporté au M23 depuis le Rwanda".
 
Le Rwanda nie depuis le début de la rébellion avoir apporté un quelconque soutien au M23. Il accuse en retour la RDC ainsi que les casques bleus de l’ONU de collaborer avec une autre milice, les FDLR, qui compte dans ses rangs d’anciens responsables du génocide rwandais – des accusations également rejetées par les intéressés.
 
La ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo a insisté devant le Conseil de sécurité sur le rôle de Kigali dans le désarmement de la faction du M23 dirigée par Bosco Ntaganda, le chef de guerre qui s’est rendu à la Cour pénale internationale le 18 mars.
 
Combats à l’arme lourde
 
Depuis la mi-juillet, les forces gouvernementales congolaises appuyées par des hélicoptères affrontent le M23 dans des combats à l’arme lourde. Chaque camp affirme avoir tué plusieurs centaines de combattants adverses sans qu’aucune source indépendante puisse confirmer ces bilans.
 
Le contrôle des collines stratégiques qui surplombent la grande ville de Goma, à la frontière rwandaise, est en jeu. Les informations récentes de témoins sur place font état d’une relative avancée des FARDC, mais la résistance du M23 reste farouche. Un officier du mouvement rebelle affirmait cette semaine "voir l’aéroport de Goma" depuis sa position.
 
Mercredi, les hélicoptères de l’armée ont bombardé une base rebelle dans la localité de Rumangabo. Depuis, des partisans des belligérants diffusent sur les réseaux sociaux des photos de corps atrocement mutilés, s’accusant mutuellement d’être responsables de massacres.
 
La station de radio des Nations unies, Radio Okapi, a pu confirmer la mort de trois civils dans l’attaque de Rumangabo, sans qu’il soit possible de déterminer quel camp en est responsable.
 
Selon l’ONU, les combats des dix derniers jours ont provoqué la fuite de 5 000 nouveaux civils, venus s’ajouter à près d’un million de déplacés déjà recensés dans la seule province du Nord-Kivu.
 
Côté diplomatique, les négociations entre le gouvernement de RDC et le M23, organisées depuis près d'un an dans la capitale ougandaise Kampala, sont toujours au point mort.

 

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