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La Suisse boycotte les salariés français, trop "paresseux" et "arrogants"

AFP

Les salariés français, considérés comme des salariés "paresseux" et "arrogants" au goût de nombreux employeurs helvètes, sont écartés de certaines candidatures au mépris de l'accord de libre-échange signé avec l'Union européenne.

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Les Français ne sont pas les bienvenus auprès des recruteurs suisses. Jugés "paresseux" et "arrogants", certains employés n’hésitent plus à afficher la préférence nationale en mentionnant "Suisse et résident Suisse" comme critères de sélection sur les annonces d’embauche au mépris de l'accord de libre-échange signé avec l'Union européenne, révèle le journal suisse "Le Matin dimanche".

Ces discriminations à l'embauche sont pourtant illégales. La Suisse a signé en 1999 un accord de libre circulation avec l'Union européenne qui entérine le principe de l'égalité de traitement entre les ressortissants de l'Union et les Suisses.

Pour écarter les CV des Français, les entreprises n’hésitent pas à contourner la loi en demandant par exemple un excellent niveau d'allemand quand le poste ne l’exige pas. Certaines d'entre elles invoquent encore les quotas à l'immigration, récemment réinstitués.

"Des Falciani ou des Condamin-Gerbier en puissance"

Le journal prend en exemple un poste proposé sur l'Internet dans une banque genevoise pour un collaborateur dont la mission consiste notamment à ouvrir et fermer des comptes de clients. "Les patrons craignent d'engager des Falciani ou des Condamin-Gerbier en puissance", fait valoir "Le Matin Dimanche".

Pierre Condamin-Gerbier, un ancien collaborateur de la banque Reyl & Cie qui est actuellement en prison à Berne pour son témoignage dans l'affaire Cahuzac, a réveillé les vieilles rancœurs contre les Français. Des critiques similaires avaient également refait surface en 2009 lorsqu'Hervé Falciani, un ancien informaticien de la banque HSBC en Suisse, avait vendu un fichier volé comportant une liste d'évadés fiscaux.

Les discriminations ne touchent toutefois pas exclusivement le secteur bancaire. "Le Matin Dimanche" cite ainsi une PME Suisse active dans le secteur de la construction qui écarte les Français après plusieurs mauvaises expériences. Les Français embauchés étaient souvent malades le lundi et le vendredi, se plaint la responsable du recrutement, qui fustige leur attitude revancharde et revendicatrice. "Il y a toujours un problème. Alors que les Espagnols et les Portugais, ça n'a vraiment rien à voir", a-t-elle déclaré sous couvert de l'anonymat.

Avec dépêches

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