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Réputé misogyne, Tony Abbott reste favori des législatives en Australie

AFP

À l’issue du premier débat politique organisé entre les deux principaux candidats pour les législatives australiennes, le conservateur Tony Abbott est sorti favori des sondages lundi. Le leader de l'opposition est connu pour ses saillies sexistes.

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Le leader de l’opposition australienne, Tony Abbott, est dans les starting-blocks pour les élections législatives du 7 septembre. Selon un sondage paru lundi 12 août, la coalition de droite menée par ce conservateur, chef du parti libéral australien, recueille 52 % des intentions de vote. Un score obtenu au lendemain du premier débat télévisé organisé entre lui et le Premier ministre travailliste, Kevin Rudd, les deux principaux candidats.

Le Premier ministre australien, Kevin Rudd, a promis lundi d'introduire une loi pour autoriser le mariage homosexuel s'il était réélu début septembre, estimant qu'il était temps de mettre un terme au débat "acrimonieux" sur le sujet.

Le dirigeant de l'opposition, Tony Abbott, opposant au mariage homosexuel, a estimé qu'il y avait des questions plus pressantes que le mariage pour tous et que la priorité du nouveau gouvernement, s'il est élu, irait à l'économie.

Cependant, malgré ses bons résultats, le leader de l’opposition, habitué des sorties polémiques, continue à cumuler les gaffes. La dernière en date a eu lieu ce lundi. Au cours d’une interview, il a malencontreusement employé le mot "suppositoire" pour décrire le style de son opposant Kevin Rudd. "Personne n’est le suppositoire de la sagesse", a-t-il dit, au lieu de "garant de la sagesse", les mots "suppository" et "repository" étant proches en anglais. La bourde a provoqué de nombreuses railleries scatologiques sur la Toile.

Si, depuis plusieurs années, ce conservateur de 55 ans est passé spécialiste dans l’art de se faire remarquer, c’est davantage en raison de propos sexistes et de sa misogynie affichée. De nombreuses sorties lui ont ainsi conféré une mauvaise réputation de macho. Au premier rang de ses détracteurs figure l’ex-Première ministre, Julia Gillard, démissionnaire en juin. En octobre 2012, cette dernière avait vertement accusé de sexisme son opposant politique, lors d’une désormais célèbre séance au Parlement.

Le repassage pour les femmes et autre supériorité masculine...

Au cours de sa prise de parole enflammée, Julia Gillard, première femme à avoir occupé la tête d'un gouvernement australien, avait notamment évoqué une interview de Tony Abbott alors qu’il était ministre sous le gouvernement de John Howard. "S’il est vrai que les hommes ont réellement plus de pouvoir que les femmes, est-ce vraiment une mauvaise chose ?" avait-il alors dit. Mais encore : "Et si les hommes étaient physiologiquement plus aptes à occuper des fonctions d’autorité ?"

La vidéo du discours de Julia Gillard devant le Parlement en octobre 2012 (en anglais)

Autre sujet polémique abordé par Julia Gillard : l’avortement. En mars 2004, Abbott avait déclaré que l’interruption volontaire de grossesse constituait une "solution de facilité".

En 2010, il s’était employé à critiquer la taxe carbone mise au point par le gouvernement Gillard – une taxe de 24,15 dollars australiens par tonne de CO2, soit 16,18 euros, que l’opposition a promis de supprimer en cas de victoire. "Ce que les femmes au foyer australiennes doivent comprendre c’est que, si elles amènent leur linge à repasser au pressing, elles vont payer plus cher, mais en même temps, leur facture d’électricité sera plus élevée si elles font leur repassage elles-mêmes," avait-il déclaré. Une manière de cantonner les femmes au rang de ménagères, ce qui avait fait bondir les féministes.

La diatribe de l’ex-chef du gouvernement, d’une durée de 15 minutes, avait été accueillie sereinement par l’intéressé, qui s’était contenté d’écouter l’énumération de ses saillies en arborant un petit sourire.

"Une caille farcie à la petite poitrine et aux cuisses énormes"

Tony Abbott a également été accusé d’avoir agressé physiquement, dans les années 1970 alors qu’il était étudiant, Barbara Ramjan, une rivale lors d’une élection interne au sein de l’université. Des faits qu’Abbott a toujours réfutés.

Sur Twitter, la fille de Tony Abbott se dit "très fière" de son père après le débat de dimanche

Par ailleurs, les dérapages sexistes ne sont pas uniquement le fait du leader de l’opposition. D’autres membres de son parti ont tourné en dérision en juin dernier, lors d’un dîner de levée de fonds, le physique de Julia Gillard. Sur le menu du repas, l’ancienne Première ministre était comparée à "une caille farcie à la petite poitrine et aux cuisses énormes". Sous le flot des critiques, Tony Abbott a publiquement déclaré que cette blague était de "mauvais goût".

Julia Gillard en a elle profité pour l’affirmer une fois de plus : la victoire des conservateurs signifierait ni plus ni moins une marginalisation des femmes dans le monde politique.

Malgré tout, à l’issue du débat télévisé de dimanche soir, les sondages ont de nouveau donné Tony Abbott favori. Surfant sur la faiblesse d’un parti travailliste divisé, l’homme a été applaudi par son entourage. Sur Twitter, sa fille a notamment publié une photo de sa famille après sa performance télévisée, se disant fière de son "papa".

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