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Le Québec veut bannir les signes religieux dans les institutions publiques

AFP

Selon des informations de la presse québécoise, le gouvernement de la province envisage d'interdire les symboles religieux dans la fonction publique. Ce bannissement est dénoncé par l'opposition qui considère cette mesure trop liberticide.

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Le Parti québécois, actuellement au pouvoir dans la province francophone, est sous le feu des critiques depuis la publication, mardi 20 août, par la presse de la future "charte des valeurs québécoises" qui doit être présentée à l’Assemblée nationale ces prochaines semaines. Selon ce document, le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, souhaite bannir le port des symboles religieux dans les organismes publiques.

"Croix ostensible, voile intégral comme le niqab ou la burqa, le hijab [voile couvrant les cheveux], le turban sikh et la kippa juive seront tous interdits dans les ministères, organismes, sociétés d’État, tribunaux et corps policiers", peut-on lire dans le "Journal de Montréal" qui a sorti ces révélations.

Ces mesures ne s’appliqueraient qu’aux employés de la fonction publique et non aux administrés. Les Québécois devront cependant se présenter à ces différents services "le visage découvert".

"Une erreur capitale"

Ce projet du gouvernement de Pauline Marois a rapidement fait réagir de nombreuses personnalités dans cette province du Canada. Charles Taylor, le coprésident de la Commission Bouchard-Taylor qui avait établi un rapport en 2008 sur les fameux "accommodements raisonnables" entre principes de laïcité et minorités religieuses ou culturelles, a estimé mardi qu’il s’agissait "d’une erreur capitale".

"Je vous défie de trouver un autre pays dans l’hémisphère où on a ce genre d’exclusion. Il y a des pays beaucoup plus diversifiés que le nôtre comme le Brésil, qui vont trouver ça ahurissant. Ils vont dire : 'qu’est ce qu’ils ont dans la tête ces Québécois'", a commenté Charles Taylor au journal "La Presse".

"Ça dit : si vous avez certaines convictions, […] vous êtes un citoyen de seconde zone, parce que ceux qui ont de telles convictions ne peuvent pas postuler à des emplois dans le secteur public", a précisé ce philosophe qui avait recommandé dans son rapport il y a cinq ans l’autorisation du port des signes religieux pour les agents de l’État (exception faite des magistrats et procureurs de la Couronne, policiers, gardiens de prison, président et vice-présidents de l’Assemblée nationale).

À qui profite la fuite ?

Comme le rapporte La Presse", l’opposition québécoise a elle aussi vivement dénoncé cette charte. Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a estimé que le gouvernement  "n’a pas à imposer autant d’interdits et de restrictions pour affirmer sa neutralité". Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a également reproché au Parti québécois de vouloir entraîner les citoyens "dans un extrême où il ne faut pas aller".

Le ministre Bernard Drainville s’est pour l’instant refusé à tout commentaire, mais ce projet n’a pas été démenti par le gouvernement. Selon le chroniqueur Donald Charrette du Huffington Post Québec, la question est finalement de savoir à qui profite cette fuite : "soit elle provient du bureau du ministre Drainville qui voulait tester l’opinion publique, soit du cœur du pouvoir qui voulait démontrer au jeune ministre que les Québécois ne sont pas d’humeur combative en ces matières".

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