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Le Québec s'émeut de la venue de prédicateurs musulmans radicaux

Le prédicateur Rachid Abou Houdeyfa lors de la conférence en 2012.
Le prédicateur Rachid Abou Houdeyfa lors de la conférence en 2012. Facebook

Des voix s'élèvent dans la communauté musulmane pour dénoncer la présence de prédicateurs radicaux à une conférence sur l'islam à Montréal. La ministre de la Condition féminine veut interdire la venue de ces islamistes dont certains vivent en France.

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La conférence intitulée "Entre ciel et Terre" prévue le 7 septembre au Palais des congrès de Montréal s’annonce des plus agitées. La présence de quatre prédicateurs européens lors de ce rassemblement consacré à l’islam suscite de nombreuses critiques au sein de la société québécoise. 

La ministre de la Condition féminine, Agnès Maltais, a elle-même dénoncé la venue de ces conférenciers qu'elle juge "radicaux". Elle a envoyé une lettre à son homologue fédérale Kellie Leitch pour interdire leur prise de paroles et ainsi "évité la propagation de propos inacceptables pour les femmes du Québec". "Ces prédicateurs véhiculent des valeurs qui vont totalement à l'encontre des principes d'égalité entre les hommes et les femmes défendus au Québec", a-t-elle vivement dénoncé dans un communiqué.

"Discours d'intolérance et de haine"

Ces critiques ont aussi été relayées par de nombreux membres de la communauté musulmane qui n'ont pas caché leur vive désapprobation. Dans une tribune, l’écrivain québécois d’origine kabyle Karim Akouche fustige ainsi ces "fous d’Allah" qui "glorifient la mort et le jugement dernier". "Moi qui ai vu prêcher ce genre d’illuminés dans les stades et les rues d’Algérie, au début des années 1990, avec pour résultat plus de 200 000 morts et d’infinies souffrances, comment pourrais-je me taire ?", écrit l'artiste.

Le journaliste d’origine algérienne Lamine Foura a lui aussi condamné l’arrivée de ces prêcheurs au Québec. Selon lui, la grande majorité des 150 000 musulmans de cette province francophone du Canada ne partagent pas cette vision de la religion. "Les Québécois de souche et la société demandent à ce que ces musulmans se distinguent de ces discours d’intolérance et de haine", a-t-il expliqué à Radio-Canada.

Plusieurs appels à des manifestations ont par ailleurs été lancés sur les réseaux sociaux. Le "collectif québécois pour les libertés face à l’islam radical" va organiser notamment une journée d’actions le 7 septembre pour remettre en cause cette conférence qui vise d’après lui "à répandre la vision d’un islam radical fondé sur la charia afin de l’appliquer à tous".

Une des pages Facebook de protestation contre la conférence
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"Refuser le voile, c’est pire que d’avoir le cancer ou le sida"

Les quatre "prédicateurs vedettes" attendus à la conférence se sont fait remarquer par leurs prêches radicaux prônant une application très stricte de l’islam des origines. Le Français Nader Abou Anas, qui prêche à la mosquée du Bourget, donne notamment des consignes très rigoureuses sur les rapports homme-femme. Dans plusieurs vidéos publiées sur Internet, il interdit tout accessoire (bijoux, maquillages, jean serré) pour les musulmanes qui selon lui sont des "servantes d’Allah qui ne sont pas libres de faire ce qu’elles veulent dans ce monde". Il exige aussi que "ses sœurs" portent le hijab car "refuser le voile, c’est pire que d’avoir le cancer ou le sida, car ne pas porter le voile mène en enfer".

Un autre des invités de la conférence de Montréal, Farid Mounir, président du centre socioculturel de Longjumeau dans la région parisienne, s’en prend aussi régulièrement aux "femmes provocantes". "Regardez les femmes dénudées à la télévision. Aujourd’hui, nous tous on regarde les informations, le journal télévisé, et parfois on a aujourd’hui des demoiselles qui sont presque toutes nues, décolletés, on voit tout. (…) Leur tenue n’est pas correcte ! Allah nous a défendu de regarder de telles personnes et nous a demandé de baisser le regard !", a-t-il affirmé lors d’un prêche.

Malgré la polémique qui ne cesse d'enfler, les organisateurs d’"Entre ciel et Terre", réunis sous le collectif 1ndépendance, sont restés jusqu'à présent silencieux. Sur leur page Facebook, ils précisent seulement que leur rassemblement "se veut un rendez-vous annuel d’échange et de partage à l’attention des jeunes de la communauté musulmane".

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