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Barack Obama soumet l'intervention en Syrie au vote du Congrès

Barack Obama, samedi
Barack Obama, samedi Capture d'écran

Le président américain Barack Obama a annoncé samedi que les États-Unis "sont prêts à frapper" le régime de Bachar al-Assad. Le projet sera soumis au soutien du Congrès, qui ne devrait pas se prononcer avant le 9 septembre.

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Peu avant son allocution demandant le feu vert du Congrès américain, Barack Obama a téléphoné à son homologue français François Hollande pour l'informer de son intention, a-t-on appris dans l'entourage du président français.

"Au cours de cet entretien d'une quarantaine de minutes, Barack Obama a informé le président Hollande de sa décision de saisir le Congrès américain, réaffirmant sa détermination à agir" contre le régime de Bachar al-Assad après l'attaque chimique du 21 août, selon la même source.

François Hollande a rappelé à Barack Obama qu'il avait lui aussi décidé de saisir le Parlement français. 

Le président américain Barack Obama a écarté samedi l'idée d'une intervention imminente contre le régime syrien, tout en affichant sa détermination à agir avec le feu vert du Congrès. "J'ai décidé que les États-Unis devraient agir militairement contre des cibles du régime syrien", a-t-il affirmé dans une intervention solennelle depuis la Maison Blanche, en soulignant que son pays était "prêt à frapper quand nous le choisirons". "Je vais demander l'autorisation des représentants des Américains au Congrès pour un usage de la force", a-t-il ajouté, en exhortant les élus à soutenir cette demande au nom de la "sécurité nationale".

Le débat au Congrès ne débutera pas avant le 9 septembre, ont annoncé samedi les responsables républicains de la Chambre des représentants. Ce vote interviendra ainsi après le sommet du G20, prévu les 5 et 6 septembre à Saint-Pétersbourg.

Ces derniers jours, l'éventualité d'une frappe ciblée avait semblé très proche, Barack Obama tout comme le président français François Hollande semblant déterminés à agir face au régime de Damas, non pour le renverser, mais pour le dissuader de faire de nouveau usage d'armes chimiques contre son propre peuple, selon leurs déclarations.

"Obama n'est pas tenu d'avoir l'autorisation du Congrès"

Vendredi, le chef de l'État français n'avait ainsi pas exclu des frappes aériennes avant le mercredi 4 septembre, date de la session extraordinaire du Parlement français sur la Syrie.

"Le doigt sur la gâchette"

Mais la veille, le Parlement britannique avait créé la surprise en votant contre une intervention, en faveur de laquelle plaidait le Premier ministre britannique David Cameron,  contrairement à la Chine et la Russie notamment.

À l'instar de l'opposition syrienne, plusieurs capitales, Paris et Washington en tête, sont convaincues que le régime syrien a eu recours à des gaz toxiques le 21 août près de Damas. Un rapport des renseignements américains a fait état de 1 429 morts, dont 426 enfants, dans cette attaque. Évoquant un bilan encore provisoire, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a de son côté indiqué samedi avoir recensé plus de 500 tués, dont 80 enfants.

Qualifiant ces allégations de "mensonges" et accusant en retour les rebelles, le régime syrien a promis de répondre à d'éventuelles frappes. "L'armée est prête à faire face à tous les défis et à tous les scénarios", a ainsi menacé samedi le Premier ministre syrien dans une déclaration écrite, à la télévision d'État, ajoutant : "Elle a le doigt sur la gâchette."

De leur côté, Téhéran et Moscou, fidèles alliés du régime de Damas, sont de nouveau montés au créneau, mettant en garde contre d'éventuelles frappes. "Le fait que les Américains croient qu'une intervention militaire sera limitée à l'intérieur des frontières de la Syrie est une illusion, elle provoquera des réactions au-delà de ce pays", a ainsi déclaré le commandant Mohammad Ali Jafari, le chef des Gardiens de la révolution islamique, l'armée d'élite du régime iranien.

En attente des conclusions des experts de l'ONU

Le président russe Vladimir Poutine a pour sa part qualifié d'"absurdité totale" les accusations d'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien, rejetant l'idée que l'armée syrienne ait pu "fournir un tel prétexte" à une intervention étrangère. Il a demandé aux États-Unis de montrer leurs preuves à l'ONU. Sinon, "cela veut dire qu'il n'y en a pas", a insisté le président russe dont le pays a envoyé deux nouveaux bateaux de guerre en Méditerranée.

Les experts de l'ONU chargés d'enquêter sur le recours à ces armes chimiques ont quitté samedi la Syrie, après avoir recueilli témoignages et échantillons de cheveux et urine de victimes présumées. Ils ne tireront "aucune conclusion" avant le résultat d'analyses en laboratoire actuellement en cours, a précisé un porte-parole de l'ONU. Mais Washington a expliqué ne s'attendre à rien de nouveau du rapport onusien sur l'éventuelle utilisation d'armes chimiques par Damas. "L'enquête de l'ONU ne dira pas qui a utilisé ces armes chimiques. Ils vont seulement dire si de telles armes ont été utilisées", avait insisté le secrétaire d'État John Kerry, en qualifiant l'attaque de "crime contre l'humanité". Au-delà de la Syrie, une action militaire doit servir d'avertissement à l'Iran, au Hezbollah ou à la Corée du Nord, avait-il expliqué.

Ces derniers jours, les États-Unis avaient renforcé leurs capacités près des côtes syriennes et disposent désormais de cinq destroyers équipés de missiles de croisière capables de mener des attaques ciblées contre des dépôts de munitions ou des infrastructures stratégiques du régime.

De son côté, la Ligue des États arabes, divisés sur le dossier syrien, a annoncé avoir avancé à dimanche une réunion de ses chefs de la diplomatie au Caire, après avoir fait porter au régime syrien "l'entière responsabilité" de l'attaque chimique présumée.

À Damas, les habitants, habitués au bruit des explosions en raison des combats incessants entre rebelles et soldats en banlieue ou dans des quartiers périphériques, redoutaient une frappe. Des habitants faisaient la queue pour acheter du pain et du carburant pour les générateurs électriques. Si le centre-ville était plus ou moins animé, certaines rues proches de la périphérie étaient en revanche quasi-désertes, selon une journaliste de l'AFP.

À la frontière libanaise, des journalistes de l'AFP ont vu des dizaines de familles syriennes passer samedi matin, dans un afflux régulier de voitures surchargées, passagers hagards et coffres ouverts débordant de sacs et de valises.

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