Accéder au contenu principal

Chili : George Harrison ou Julio Iglesias, instruments de torture sous Pinochet

Augusto Pinochet
Augusto Pinochet AFP

Une étude britannique révèle que les chansons de Julio Iglesias, George Harrison ou encore Dalida étaient diffusés à hautes doses pour torturer les détenus et les "briser psychologiquement" sous la dictature d'Augusto Pinochet.

Publicité

De la torture "auditive". Sous le régime dictatorial d’Augusto Pinochet (1974 -1990), la musique du crooner espagnol Julio Iglesias ou celle du chanteur des Beatles George Harrison était utilisée comme instrument de torture pour "briser psychologiquement" les détenus, a révélé une étude britannique publiée à l’occasion du 40e anniversaire du coup d’État du dictateur chilien.

S’appuyant sur les témoignages d’anciens détenus et d’un membre des services secrets sous Pinochet, dont la dictature a fait plus de 3200 morts, l’étude indique que la pratique qui consistait à diffuser à hautes doses des chansons était régulièrement utilisée.

Un ancien détendu raconte comment ses geôliers avaient pris l'habitude d'entonner le "Gigi l'Amoroso" de la chanteuse Dalida avant de l'emmener à l'interrogatoire et de le torturer avec cette même chanson en fond sonore.

"Ils nous obligeaient à chanter"

"La musique était présente 24 heures sur 24. Ils allumaient la radio et passaient tout ce qui était à la mode. Dans les camps de prisonniers, ils mettaient de la musique militaire pour nous faire marcher au pas et ils nous obligeaient à chanter", confirme à l'AFP, Carlos Reyes, un photographe chilien résidant à Londres, emprisonné pendant deux ans sous Pinochet.

Paradoxalement, cet instrument de torture a pu être salvateur. Il a permis aux détenus de tenir le coup et

de trouver le courage de supporter les brimades, estime le docteur Katia Chornik, chercheuse à l’université de Manchester.

"La musique a rapproché les prisonniers car elle était un moyen pour eux de faire face à leurs terribles souffrances. Mais elle a aussi valeur de témoignage, dit-elle. Beaucoup de prisonniers n'avaient plus d'existence officielle et étaient voués à disparaître sans laisser de trace. Les chansons étaient une manière de rappeler qui ils étaient et en quoi ils croyaient."

Avec dépêches

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.