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Attaque de Nairobi : zones d’ombre autour de Samantha Lewthwaite, la "Veuve blanche"

AFP

Alors que le siège du centre commercial Westgate de Nairobi se poursuit, des soupçons pèsent sur la possible implication de Samantha Lewthwaite, l’épouse de l'un des terroristes des attentats de Londres en 2005, surnommée la "Veuve blanche".

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Les spéculations vont bon train autour de celle que l’on nomme la "Veuve blanche". Samantha Lewthwaite, une Britannique âgée de 29 ans, convertie à l'islam à l'adolescence, est soupçonnée, d’après certaines déclarations d’officiels kényans, d’avoir participé à l'attaque, par un commando armé, du centre commercial Westgate à Nairobi.

Lundi soir, la ministre kényane des Affaires étrangères, Amina Mohamed, a en effet affirmé qu'une ressortissante Britannique avait participé à l'assaut sanglant de Westgate, revendiqué par les islamistes somaliens shebab. Selon le chef de la diplomatie kényane, il s’agit d’une jeune originaire de Grande-Bretagne, qui a déjà commis des actions similaires "à de nombreuses reprises". 

Devant de telles affirmations, la presse britannique a aussitôt établi un lien avec la "Veuve blanche", surnom donné à la jeune mère de famille dont le mari s’est fait exploser dans les attentats kamikazes de Londres, le 7 juillet 2005.

Mais force est de constater que le flou règne encore sur l’identité des assaillants, et pour sa part Londres s’est refusé à tout commentaire à ce sujet.

"Elle est presque devenue un mythe"

La "Veuve blanche" est sortie de l’anonymat le 7 juillet 2005, le jour où son mari, Germaine Lindsay, alors âgé de 19 ans, s’est fait exploser sur la ligne de métro Piccadilly à Londres, tuant 26 personnes. Quatre attentats en tout feront ce jour là 56 morts dans la capitale du royaume. La jeune femme était alors enceinte de son deuxième enfant. Depuis, le nom de Samantha Lewthwaite alimente régulièrement les colonnes des médias.

"Il est impossible de spéculer sur son implication dans l'attaque de Nairobi", confie Shiraz Maher, chercheur à l’ICSR, (International Centre for the Study of Radicalisation) au King's College de Londres. "Il y a trop d'informations contradictoires au sein même des représentants du gouvernement kényan . Mais il serait toutefois inhabituel qu’une femme soit impliquée dans ce genre d'attaque", souligne-t-il.

Pour Shiraz Maher, le fait de n’avoir que très peu d’éléments à son sujet alimente les fantasmes en tous genres. "On sait qu’elle refait de temps en temps surface dans la Corne de l'Afrique, mais on dispose de très peu d’informations sur ses activités. Du coup, elle est presque devenue un mythe."

En cavale sous le nom de Natalie Faye Webb

On sait tout de même que la jeune femme aux yeux bleus est la fille cadette d'un militaire britannique, élevée dans la petite ville de Aylesbury dans le nord-ouest de Londres.

Après avoir fermement condamné en 2005 "de tout (son) cœur" l'acte commis par son mari, rencontré sur internet quelques années plus tôt, et accusé les mosquées d’avoir "empoisonné son esprit", l'itinéraire de Samantha Lewthwaite reste obscur.

En 2011, la jeune femme, désormais mère de trois enfants, est activement recherchée par la police kényane. En cavale, elle voyagerait sous la fausse identité de Natalie Faye Webb, avec un passeport sud-africain. Mardi 24 septembre, Pretoria a indiqué enquêter sur cette affaire.

Surnommée par des extrémistes "Dada Muzungu", la sœur blanche en langue swahili, selon le quotidien kényan "Daily Nation", elle est également soupçonnée d'être impliquée dans un complot visant notamment des hôtels et l'école prestigieuse d'Eton en Angleterre, affirme le "Sunday Times".

Si Shiraz Maher, spécialiste de la question de la radicalisation religieuse, reste prudent sur l’implication de la jeune femme dans l’attaque de Nairobi, il n’exclut pas pour autant l’impact qu’elle pourrait susciter. “[Lewthwaite] est symboliquement très importante [pour le mouvement djihadiste]. Le fait qu’elle soit blanche, convertie à l’islam et parle anglais a un incroyable pouvoir de propagande."

 

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