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Côte d'Ivoire : Charles Blé Goudé visé par un mandat d'arrêt de la CPI

L'ancien chef des Jeunes patriotes, Charles Blé Goudé
L'ancien chef des Jeunes patriotes, Charles Blé Goudé AFP

La Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d'arrêt contre Charles Blé Goudé, ex-ministre de Laurent Gbagbo et ancien chef des Jeunes patriotes, pour crimes contre l'humanité commis lors de la crise post-électorale de 2010-2011.

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La Cour pénale internationale (CPI) a rendu public, mardi 1er octobre, un mandat d'arrêt émis contre Charles Blé Goudé, un proche de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, pour crimes contre l'humanité commis lors de la crise post-électorale de 2010-2011. "La chambre préliminaire de la CPI a levé les scellés sur un mandat d'arrêt contre Charles Blé Goudé initialement émis le 21 décembre 2011", a ainsi indiqué la cour de La Haye dans un communiqué.

"La rumeur courait depuis longtemps, mais elle était impossible à vérifier tant que les scellés n’étaient pas levés, témoigne Maureen Grisot, correspondante de FRANCE 24 en Côte d’Ivoire. Il y a une dizaine de jours, le ministre ivoirien de la Justice avait laissé entendre à la télévision nationale que le mandat d’arrêt existait bel et bien. […] On s’attendait donc à cette annonce."

Ancien ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo et chef des "jeunes patriotes", milices pro-Gbagbo parfois extrêmement violentes, Charles Blé Goudé a été arrêté le 17 janvier au Ghana et extradé dès le lendemain vers la Côte d'Ivoire, où il est actuellement détenu. La justice ivoirienne l'avait inculpé dès le 21 janvier notamment de "crimes de guerre", mais aussi d'"assassinats, vols en réunion, dégradation et destruction de biens d'autrui".

"Prêt" à comparaître

La CPI soupçonne quant à elle Charles Blé Goudé de crimes contre l'humanité, dont meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, commis entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. En juin 2012, Blé Goudé avait affirmé qu'il se disait "prêt" à aller devant la CPI et assuré qu'il n'avait rien à se reprocher.

"Charles Blé Goudé était l’un des plus proches collaborateurs de Laurent Gbagbo, rappelle Maureen Grisot. Il était le leader du mouvement des 'jeunes patriotes' pointé du doigt par les défenseurs des droits de l’Homme pour avoir semé la terreur à Abidjan pendant la crise post-électorale. Ces 'jeunes patriotes' sont notamment accusés d’avoir mené des actes de violences ciblées contre les partisans présumés d’Alassane Ouattara [vainqueur de la présidentielle contre Laurent Gbagbo en 2010, NDLR]".

Les violences post-électorales de 2010-2011 avaient fait plus de 3 000 morts en Côte d’Ivoire. L’ancien chef de l’État, Laurent Gbagbo, est quant à lui détenu depuis fin 2011 à La Haye par la CPI, qui le soupçonne aussi de crimes contre l'humanité.

L'épouse de Laurent Gbagbo, Simone, fait elle aussi l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI, mais Abidjan refuse de la remettre à la Cour, au motif que la justice ivoirienne est désormais en capacité d'assurer équitablement son procès.

"Tout porte à croire que les autorités vont refuser le transfèrement de Laurent Blé Goudé vers La Haye, comme ils l’ont fait pour Simone Gbagbo, commente la correspondante de FRANCE 24. […] Mais quand un pays refuse de transférer l’un de ses ressortissants devant les juges de la CPI, le pays doit justifier judiciairement ce refus. Ça s’appelle un recours en irrecevabilité. À ma connaissance, elle n’a pas encore été envoyée à La Haye ni pour le cas de Simone Gbagbo, ni pour celui de Charles Blé Goudé."

Avec dépêches

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