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GRÈCE

Armes, camps, proxénétisme... les activités criminelles d’Aube dorée

AFP

Pour démanteler le parti néonazi Aube Dorée, la justice grecque mène une enquête visant à prouver que cette formation politique, dénombrant 18 députés élus, s’adonne à des activités criminelles.

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Fondé au début des années 1990, le parti d’extrême droite grec, Aube Dorée (Chryssi Avghi), est particulièrement monté en puissance ces dernières années, tirant parti d'un pays ravagé par la crise économique. En juin 2012, Aube dorée - souvent qualifié de néonazi - entrait pour la première fois au Parlement grec, avec 18 députés passant ainsi de 0,9% à 7% des voix en seulement trois ans.

Parallèlement à cette popularité soudaine, des actes de violence perpétrés par les membres du parti, ou leurs partisans, se sont multipliés, principalement contre des migrants et des militants de gauche, … en toute impunité. Jamais Aube Dorée n’a été inquiété par la justice grecque. Il a fallu attendre le meurtre, qui a bouleversé la Grèce, du musicien antifasciste Pavlos Fyssas le 18 septembre, pour déclencher une offensive des autorités. Le parti est désormais officiellement accusé d’abriter des “activités criminelles”. Racket, crimes, trafic de femmes, blanchiment d'argent… Selon l’acte d’accusation publié dans la presse grecque, quelque trente chefs d’inculpation sont imputés aux élus mis en cause. Le point sur les principales activités démontrant le caractère criminel du mouvement :

  • Meurtres

Selon l’acte d’accusation, les membres du parti sont soupçonnés d’avoir “commis des dizaines d'actions criminelles", parmi lesquelles : deux homicides volontaires, trois tentatives d'homicide, et de nombreuses attaques contre des immigrés. Des ex-militants, qui ont témoigné en "situation de témoins protégés", ont affirmé qu’il y avait “des stylets, des matraques et des couteaux dans des locaux du parti".

  • Milices d’assaut

Le parti disposerait également de "milices d'assaut" qui s'en prendraient en particulier aux migrants pakistanais. "J'ai participé à plusieurs reprises à des actions, auxquelles participaient cinquante à soixante motos, avec deux personnes sur chacune. Celui qui était à l'arrière tenait un bâton avec le drapeau grec, et frappait tous les Pakistanais qu'il rencontrait", a confié l’un des témoins ayant appartenu au mouvement. 

  • Camps d’entrainement

Toujours selon les témoignages des ex-militants, “les membres bénéficient d'un entraînement de type militaire, surtout dans des régions de l'Attique [partie continentale autour d'Athènes, ndlr]”. Ils suivent également des cours d’histoire, notamment sur la période nazie, dont les atrocités sont passées sous silence. 

  • Détention et trafic d’armes illégales

Dans le cadre des perquisitions dans les locaux du parti, la police a indiqué rechercher d’importantes caches d’armes, après les arrestations, les 28 et 29 septembre, de six des 18 députés d’Aube Dorée, dont son dirigeant et fondateur Nikos Michaloliakos, et d'une quinzaine de ses membres. Un pistolet de calibre 38, des photos de Hitler, un drapeau arborant une croix gammée auraient été retrouvés au domicile du député Christos Pappas, le bras droit de Nikos Michaloliakos, qui s’est rendu à la police le 29 septembre.

  • Réseau de prostitution

Après les arrestations du 28 et 29 septembre, trois des six députés inculpés d’appartenance “à une organisation criminelle” viennent de bénéficier de la liberté conditionnelle. Les trois autres, Nikos Michaloliakos, Christos Pappas et Yannis Lagos, ont été placés en détention provisoire. Ce dernier est accusé d’être à la tête d’un réseau de prostitution, et d’une véritable mafia de la nuit grecque. Il est également mis en cause dans le meurtre Pavlos Fyssas, dans plusieurs agressions et des affaires de chantage.

L’épouse de Nikos Michaloliakos, Eleni Zaroulia, possèderait, pour sa part, une maison close à Athènes.

Une instruction complexe attend les juges, qui devront rassembler des charges précises à l'encontre des prévenus. Aube Dorée, de son côté, n’entend pas se laisser faire, et a déjà déclaré, par la voix de son porte-parole, que ses membres étaient victimes de “persécution” visant à les discréditer en vue des élections municipales de 2014.

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