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Madagascar : trois hommes lynchés à mort pour un trafic d'organes présumé

AFP

Un Français, un Franco-italien et un Malgache ont été frappés et brûlés vifs par une foule d'émeutiers à Madagascar, après la mort suspecte d'un enfant. Les victimes étaient soupçonnées de se livrer à un trafic d'organes.

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Tout a commencé avec la découverte du corps d'un enfant mutilé sur une plage paradisiaque de Nosy Be, dans le nord de Madagascar. Soupçonnés de ce meurtre, et de trafic d'organes, un Français, un Franco-italien et un Malgache ont été brûlés vifs par une foule d’émeutiers.

Exclusif : lendemain d'émeutes à Nosy Be

Paris, qui a confirmé la mort des deux Européens, a recommandé aux Français présents à Nosy Be de ne pas se déplacer, et indiqué que l'école française avait été temporairement fermée.

Dans la soirée, quelques hommes ont amené un Malgache dans une Renault 4, l'en ont sorti, et ont jeté son corps dans un brasier devant quelque 300 personnes en délire, a constaté une journaliste de l'AFP. Il n'était pas possible de savoir si l'homme était encore vivant ou déjà mort, lorsqu'il a été jeté au feu dans un quartier périphérique de Hell-Ville, la petite capitale de l'île.

"Le Malgache est l’oncle de l’enfant retrouvé mort"

Selon certains témoins, les trois hommes auraient été soupçonnés de l'enlèvement et de la mort d'un enfant de 8 ans, mutilé, retrouvé sans ses organes génitaux et sans langue. La gendarmerie n'a pas clarifié la nature de ces soupçons, et n'a pas indiqué, si le "trafic d'organes" était lié à un trafic à but médical ou à des pratiques locales de sorcellerie.

"Le Malgache était apparemment l’oncle de l’enfant retrouvé, qu’il avait lui-même enlevé […]. Il aurait désigné les deux Européens comme étant ses complices", précise Bilal Tarabey, correspondant de FRANCE 24, à Madagascar. "On en sait un peu plus sur le profil des victimes. Le Français était en séjour à Nosy Be, il faisait de nombreux allers-retours. L'Italien, lui, était en situation irrégulière, son visa touristique avait expiré."

La police estime que les deux étrangers auraient avoué le trafic sous la torture des émeutiers. "L'information est à prendre avec précaution, rappelle Bilal Tarabey, ils ont avoué mais sous la torture. Rien n'est confirmé. Selon les enquêteurs, aucune preuve tangible ne confirme, pour l'heure, un trafic d'organes. Nous en sommes encore au stade de rumeurs".

Ces rumeurs, certains expatriés français n'y croient pas. "Ces histoires ne sont que des rumeurs. Le corps de l'enfant disparu a été retrouvé hier soir [mercredi soir, ndlr] sur la plage, après avoir été ramené par la mer. Il était habillé", a raconté au journal Le Parisien un Français habitant sur place.

Plusieurs cas de disparitions d'enfant

Depuis plusieurs semaines, les Malgaches de Nosy Be ont constaté plusieurs cas de disparitions d'enfants, "de cinq à sept", précise le correspondant de FRANCE 24. 

"Ils auraient avoué, mais sous la torture"

Les lynchages publics ne sont pas rares à Madagascar, où des voleurs présumés ou des conducteurs impliqués dans des accidents mortels ont récemment été lynchés, et brûlés vifs. Les foules n'hésitent pas non plus à attaquer les commissariats ou gendarmeries pour essayer d'en extraire les criminels présumés et les abattre.

Trois Français ont été tués ces deux dernières années à Madagascar. Une religieuse, sœur Emmanuelle Helesbeux, 82 ans, a été retrouvée étranglée le 2 mars 2013 sur un marché à Mandritsara, dans le nord-est de l'île.

Un couple de Français, Gérald Fontaine et Johanna Delahaye, ont été assassinés après s'être rendus le 12 avril 2012 sur une plage peu fréquentée et réputée dangereuse, à une dizaine de kilomètres de Tuléar, dans le sud de la Grande-Île. Leurs corps avaient été découverts quelques jours plus tard, portant des traces de coups.

Avec dépêches

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