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Facebook construit un village pour ses employés

St Anton Partners

Facebook construit un complexe résidentiel à hauteur de 120 millions de dollars pour loger une partie de ses employés et leur offrir une vaste palette de services. Une manière de renforcer la culture d’entreprise qui manquerait à la Silicon Valley.

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C’est un peu la ville minière de l’ère 2.0. Facebook débute, ce mois-ci, la construction d’un vaste quartier résidentiel de 58 530 m2 pour ses employés. Le roi des réseaux sociaux espère d’ici deux ans loger une partie de ses 4 900 employés à Anton Menlo (Californie), un ensemble de 394 habitations qui va du simple studio à l’appartement familial de trois pièces.

Pour bâtir cet immense complexe, à cinq minutes à pied du siège de Facebook à Menlo Park en plein cœur de la Silicon Valley, le groupe compte dépenser 120 millions de dollars. Une somme qui servira à bâtir les appartements et à proposer des services à même de faciliter la vie quotidienne des “Facebookers”.

Anton Menlo proposera, en effet, une palette de services à faire pâlir d’envie tout jeune cadre dynamique qui veut faire carrière dans la Silicon Valley. Un supermarché ? Pas de problème. Un club de gym ? C’est prévu. Des cafés ou des espaces thématiques pour faire la fête sur les toits, histoire de décompresser entre employés du géant d'Internet ? C’est aussi au programme. Même les chiens auront droit à leurs pensions canines et espaces réservés.

Pour ceux qui désireraient emmener leurs devoirs de travail chez eux, Facebook a également prévu un iCafé décrit dans le communiqué de presse comme “la nouvelle génération d’espace de travail communautaire”.

“Nous pensons que les gens choisissent de travailler pour nous parce qu’ils en tirent une fierté et qu’ils croient en notre mission”, justifie un porte-parole de Facebook dans le "Wall Street Journal". Mais ce dernier se défend de construire ce quartier pour avoir toujours ses employés à l’œil, arguant de faciliter la recherche de logement à ses employés dans un quartier où les places se font chers. En outre, il n’y aura pas que des employés de Facebook à Anton Menlo : 15 appartements seront à loyers modérés et réservés à des résidents de plus de 55 ans.

Google et ses stagiaires débridés

Facebook n’est pas la première société à veiller ainsi sur le bien-être immobilier de ses troupes. Google s’y est aussi essayé cet été. Le célèbre moteur de recherche a privatisé une partie de Crescent Village, un complexe résidentiel au nord de la ville de San José (Californie), pour y loger une partie de ses stagiaires d’été. Les loyers - entre 1 880 dollars et 3 375 dollars par mois, selon le "New York Magazine" - sont pris en charge par Google. Les aspirants employés peuvent y profiter à l’œil de la piscine, de la salle de cinéma ou encore du bar et de la salle de gymnastique.

Mais dans ce cas-là, l’expérience s’est révélée désastreuse… pour les voisins. Fêtes tardives dans la piscine ou dans les appartements, musique à fond et autres nuisances sonores ont poussé les résidents de Crescent Village à la fronde. Le responsable du complexe a même fait circuler un prospectus rappelant à tous les habitants des lieux les règles du “savoir-vivre”. Il y est souligné que les bouteilles de verre ne doivent pas être laissées aux abords de la piscine, que les animaux de compagnie n’ont rien à faire dans l’eau ou dans le spa, etc. Contacté par le "New York Magazine", Google s’est borné à souligner que la direction avait “rappeler à ses stagiaires d’être respectueux de la communauté”.

Des exemples qui prouvent à quel point, au-delà de l'anecdote, les grands groupes de la Silicon Valley se battent pour attirer et conserver dans leurs rangs les meilleurs salariés. Si ceux de Facebook peuvent espérer habiter dans une sorte de paradis pour employés modèles, les stagiaires d’été de Google sont, ainsi, payés 6 000 dollars par mois.

Une surenchère qui s’explique par une spécificité de la Silicon Valley. Les employés sont davantage attachés à la Silicon Valley et au secteur d'activité qu'à l'entreprise pour laquelle ils travaillent, selon Ajay Agrawal, un professeur d’entreprenariat à l’Université de Toronto interrogé par le "Wall Street Journal". Google ou Facebook cherchent ainsi à créer un sentiment d’appartenance au groupe. Mais, comme le remarque le spécialiste, “il y a peut-être un juste milieu entre les villages d’entreprise et l’esprit de la Silicon Valley où tout le monde change de société” comme on change de chemise.

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