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FRANCE

La Guadeloupe en lutte contre la circulation des armes illégales

AFP

Alors que la Guadeloupe comptabilise 38 homicides depuis le début de l’année, les autorités françaises tentent d’endiguer la circulation des armes illégales. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, est arrivé sur l'île jeudi.

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Alors que les règlements de comptes à Marseille et en Corse focalisent l’attention des médias, la Guadeloupe caracole en tête des départements les plus violents de France, avec 38 homicides depuis le début de l’année 2013. En plus des meurtres, les cambriolages, les vols à main armée ainsi que les violences contre les personnes ont fortement augmenté sur l'île depuis un an, selon l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP).

Une situation qui a amené, mercredi 16 octobre, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, à effectuer une visite de quatre jours dans les Antilles françaises. Après une escale en Martinique, il est arrivé jeudi en Guadeloupe.

La Guadeloupe souffre de divers maux : paupérisation, fort taux de chômage et omniprésence de la drogue dans cette zone stratégique pour les trafiquants. Mais plus encore, c’est la circulation d’armes à feu illégales qui gangrène l’île.

"Chiffre noir" sur le nombre d’armes en circulation

Selon le préfet Marcelle Pierrot, 1 200 armes déclarées sont recensées en Guadeloupe, où vivent 400 000 personnes. Un nombre peu élevé au regard du fort taux de criminalité. Mais ce décalage s’explique par l'absence d'informations sur le nombre réel des armes illégales en circulation, les autorités parlant même de "chiffre noir". Ces informations floues sont en partie dues à l’ancienne législation qui autorisait, jusqu’en 1995, la vente libre de fusils à pompe et de fusils de chasse, sans besoin de permis.

Désormais, la majorité des armes saisies lors de contrôles provient de vols chez des particuliers. Ces armes sont généralement modifiées par la suite. En 2010 déjà, un article du journal "France-Antilles" affirmait que la majeure partie des armes à feu en circulation sur le marché clandestin étaient trafiquées. Ces "mute-guns" ont leur canon modifié ou leur forêt scié, ce qui les rend d’autant plus dangereux.

Campagne médiatique contre la circulation des armes

Réagissant à la recrudescence des violences, Michel Marmot, secrétaire départemental du syndicat SGP-FO Police, pointe une banalisation du port des armes. "De plus en plus de gens en portent," commente-t-il à l’AFP. "Posséder une arme, ça devient un challenge, un signe de maturité". D’autres témoins évoquent "un phénomène de mode" chez les jeunes et "un sentiment d'impunité".

"L'État ne nous adresse pas la parole"

Un sentiment accru par l’impression d’abandon vécu par nombre de Guadeloupéens vis-à-vis de la métropole. "Quand il y a le feu au château, on se fout de l'écurie", s’est emporté, mercredi 16 octobre sur RTL, le syndicaliste guadeloupéen, Elie Domota, porte-parole du LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon, collectif anti-exploitation). "Ce qui se passe n'intéresse pas le gouvernement […] Cela fait pratiquement quatre ans que l'État ne nous adresse pas la parole", a-t-il mpoursuivi.

Face au record de violences, les autorités guadeloupéennes ne sont, elles, pas restées les bras croisés. En février 2013, la préfecture a lancé en grande pompe une campagne de prévention de la violence sur un modèle américain. Intitulée "Déposez les armes", cette campagne encourageait les détenteurs d’armes illégales à remettre leurs pistolets et autres fusils aux autorités avec l’assurance de ne pas être poursuivis. Une opération concluante : selon la préfecture, 89 armes à feu et 459 munitions ont été récupérées et détruites en trois semaines. Cette même opération a d’ailleurs été renouvelée en octobre. "Ce sont autant d’armes en moins susceptibles d’être récupérées lors de cambriolages et d’êtres utilisées pour commettre des faits de délinquance," s’est félicitée la préfecture dans un communiqué.

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