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La Turquie accusée d'avoir "vendu" des espions du Mossad à l'Iran

Hakan Fidan, chef des renseignements turcs.
Hakan Fidan, chef des renseignements turcs. "Hürriyet"

Selon des révélations du "Washington Post", la Turquie aurait livré une dizaine d’espions iraniens œuvrant pour le compte des renseignements israéliens. Des accusations dont Ankara se défend et sur lesquelles l’État hébreu garde le silence.

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La Turquie aurait-elle vendu des espions iraniens travaillant pour le compte des services secrets israéliens ? Ce scénario, digne d’un roman de John Le Carré, est celui que suggère David Ignatius, du "Washington Post", dans un article publié le 17 octobre.

Selon ce journaliste d’investigation, fin connaisseur du Moyen-Orient, l’identité d’au moins 10 Iraniens opérant pour le Mossad aurait été dévoilée délibérément début 2012 aux services de renseignements iraniens. Le coupable, aux yeux des autorités israéliennes, n’est autre que Hakan Fidan, le chef des renseignements turcs, affirme David Ignatius.

L’homme traîne une réputation trouble. Proche conseiller du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, Hakan Fidan a été nommé à la tête des services secrets turcs en 2010. Peu après sa prise de fonction, "il a choqué les alliés de la Turquie en transmettant des données sensibles, collectées par les États-Unis et Israël, à l’Iran", affirmait le 10 octobre dernier le "Wall Street Journal" dans un portrait qui lui était consacré. Dans l’intimité des bureaux du Mossad, l’homme est surnommé "le chef du bureau du MOIS (Ministère iranien des renseignements et de la sécurité) à Ankara", explique encore le journaliste du "Washington Post".

Pertes "significatives"

Israël et la Turquie ont longtemps été alliés dans la région. Mais leurs relations se sont considérablement dégradées depuis la mort de neuf Turcs dans l’arraisonnement d’un navire turc contenant de l’aide humanitaire destiné à Gaza, en mai 2010. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, n’a présenté ses excuses qu’en mai 2013. Et depuis, les relations entre les deux pays peinent à se normaliser.

Les autorités américaines, selon David Ignatius, ignorent si Ankara a "vendu" les espions à l’Iran en représailles de cet épisode au large d’Israël ou si elle est la conséquence de la détérioration des relations entre les deux pays.

Toujours est-il que la perte de cette dizaine d’espions a été "très significative" pour l’État hébreu, affirme le journaliste, en citant des "sources bien informées". La révélation des identité de ces membres du Mossad a été orchestrée dans le but d'infliger "une véritable gifle aux Israéliens", assure encore David Ignatius.

"Informations calomnieuses"

Dès la diffusion de ces révélations, la Turquie, avec qui les services de renseignements israéliens travaillent depuis plus de 50 ans, a farouchement nié ces accusations. "Les allégations concernant Hakan Fidan sont dénuées de tout fondement", a ainsi déclaré le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, dénonçant des informations "calomnieuses" destinées à entacher la "respectabilité" de la Turquie.

Pour l’heure, les autorités israéliennes se sont abstenues de tout commentaire officiel. L’ex-numéro un du Mossad Danny Yatom, lors d’une interview à Israel Radio, s’est révolté contre cette éventuelle trahison turque : "C’est quelque chose qui ne se fait absolument pas. Cela va à l’encontre de toutes les règles non-écrites qui existent depuis des années […] Qui va désormais leur faire confiance [aux renseignements turcs, NDLR] et qui va vouloir partager des informations sensibles avec eux ?".

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