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INTERNET

Facebook autorise de nouveau les vidéos de décapitation

AFP

Le célèbre réseau social permet de nouveau la publication de vidéos de mises à mort par décapitation après les avoir interdites depuis mai 2013. Un revirement qui créé la polémique.

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À la différence des images de personnes dénudées, les scènes de décapitation ne sont plus interdites sur Facebook. Le célèbre réseau social a confirmé, lundi 21 octobre, ce changement de politique à la chaîne britannique BBC qui avait été surprise de trouver sur la plateforme une vidéo, prétendument tournée au Mexique, montrant un homme en train de couper la tête d'une femme.

Mais cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un oubli de la part du réseau social. Contacté par FRANCE 24, le groupe a justifié le maintien en ligne de la vidéo controversée : “les utilisateurs se servent de Facebook pour partager, s'indigner et condamner certaines pratiques. Et particulièrement quand il s'agit d'abus commis en matière de droits de l'homme, d'actes de terrorisme ou de violence. Il ne s'agit en aucun cas de faire l'apologie de la violence”. Si la vidéo avait été utilisée pour glorifier ou encourager ce type d’action, le groupe californien l’aurait interdite. Une différence de traitement qui, en pratique, risque d’être difficile à mettre en œuvre. Qu’en sera-t-il, par exemple, de vidéos d’otages décapités comme celles postées par ailleurs sur le Net par des groupes terroristes ?

"Facebook est irresponsable d'autoriser les vidéos de décapitation, surtout sans aucune sorte d'avertissement"

La décision de Facebook s’avère, en tout cas, d’ores et déjà controversée. Nombre d’utilisateurs, dans les commentaires de la vidéo de décapitation, ont ainsi appelé Facebook à l’interdire d’urgence. “Il faut faire disparaître ce genre de vidéos et ne surtout pas laisser des gens la regarder pour s’amuser ou des enfants la voir”, s’insurge ainsi un internaute. Le Premier ministre David Cameron est également monté au créneau qualifiant, sur Twitter, la décision de Facebook d'"irresponsable" et pressant le réseau social de "l'expliquer aux parents inquiets".

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Les associations qui avaient obtenu il y a six mois du géant de la Silicon Valley qu’il interdise ces images sous prétexte qu’elles pouvaient heurter les plus jeunes internautes ont aussi été prises de court par ce revirement. “Je suis très mécontent de ce retour en arrière, surtout qu’il n’y a absolument aucune mise en garde sur le caractère violent des images”, note à la BBC Stephen Balkam, patron de la Family Online Safety Institute, une ONG britannique de protection de l’enfance. “Je comprends qu’il y a une nécessité de faire prendre conscience de certains choses qui se passent dans le monde, mais ce genre de contenu est trop abject”, affirme, de son côté, Will Gardner, directeur de Childnet International, une autre association londonienne de protection de l’enfance.

Certes, le roi des réseaux sociaux n’est pas le seul endroit sur le Net où les internautes peuvent tomber sur ce genre de vidéos ultra-violentes. Elles existent également sur d’autres plateformes comme YouTube. Mais Facebook, qui facilite le partage de contenus, augmente les risques de viralité, comme le rappelle le site américain spécialisé dans les nouvelles technologies The Verge.

C’est pourquoi Facebook est encore en train de réfléchir à la meilleure manière d’encadrer la diffusion de tels contenus sur sa plateforme. “Nous travaillons pour donner à chacun plus de contrôle sur les contenus auxquels il est confronté. Par exemple en incluant un message prévenant l'utilisateur que les images qu'il s'apprête à visionner contiennent des actes de violence”, précise le groupe. Il a aussi fait disparaître la publicité qui, un temps, apparaissait avant le début de la vidéo.

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