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Arnaud Montebourg remet le "Grizzly" de Titan sur la piste de l'usine Goodyear

AFP

Le ministre du Redressement productif assure que l'entreprise américaine Titan lui a adressé une lettre, suggérant la reprise du site Goodyear d'Amiens-Nord. Le bouillonnant PDG du groupe américain, Maurice Taylor, refuse de confirmer.

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Titan - Goodyear, Arnaud Montebourg refait le match. Le ministre français du Redressement productif a répété au quotidien "Le Parisien", mardi 22 octobre, que l'américain Titan lui a envoyé une lettre proposant de reprendre l'usine Goodyear d'Amiens-Nord, menacée de fermeture.

Il avait déjà évoqué cette missive la veille, provoquant une vague de sceptiscisme. Maurice Taylor, PDG de l'équipementier américain, s'était en effet fait connaître en début d'année en adressant un message au vitriol à Arnaud Montebourg. L'homme d'affaires, surnommé le "Grizzly", y raillait le système économique français, et excluait fermement toute intention de reprendre l'usine d'Amiens.

Cette fois-ci, à en croire Arnaud Montebourg, Titan serait beaucoup mieux disposé à l'égard de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord. L'offre de reprise proposerait de sauver 333 emplois sur les 1200 du site, et promettrait de maintenir l'activité à Amiens pendant au moins quatre ans. Un plan de "plusieurs centaines de millions d’euros, dont 40 millions directement sur le site".

"A good year end"

Une délégation de la CGT doit même être reçue, mercredi 23 octobre, par Arnaud Montebourg pour discuter des détails de cette nouvelle offre. "On ne s'attendait pas franchement à ce qu'on nous resserve Titan, mais on y va sans a priori, on va discuter, on va voir ce qu'ils nous expliquent", a déclaré l'avocat de la CGT, Fiodor Rilov.

Du côté de Titan, c'est le silence radio... ou presque. La seule indication du groupe, quant à un éventuel intérêt pour l'usine d'Amiens, provient d'un énigmatique message de Maurice Taylor sur Facebook. Le charismatique et redouté homme d'affaires américain y a écrit, lundi 21 octobre, "I'm back for a good year end"... suggérant, au choix, que la fin d'année sera bonne pour lui, ou qu'il compte boucler le dossier "Goodyear".

Si Maurice Taylor s'intéresse réellement au site d'Amiens, il s'agirait d'un virage à 180 degrés. Dans sa précédente lettre à Arnaud Montebourg, datée de février 2013, il s'en était pris violement au "syndicat fou" de l'usine d'Amiens, et au droit du travail français, qui permettrait aux salariés de "discuter trois heures et travailler trois heures". Il concluait sa lettre, qui avait entraîné une violente réponse d'Arnaud Montebourg, en assurant qu'il pouvait faire construire à moindre coût tous les pneus qu'il voulait en Chine, et les exporter ensuite vers la France.

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