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Nord-Kivu : l'armée congolaise reprend du terrain face au M23

AFP

L’armée congolaise assure qu’elle a gagné du terrain ces derniers jours au Nord-Kivu face aux rebelles du M23. Ces derniers menacent de se retirer des négociations de paix et de lancer une contre-offensive si Kinshasa n’arrête pas ses troupes.

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Les Forces armées congolaises (FARDC) sont passées à l’offensive ces trois derniers jours au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Kinshasa indique avoir repris ce week-end les localités de Kibumba, Kiwanja et Rutshuru aux mains des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23).

Les rebelles du M23 ont menacé dimanche de retirer leurs délégués des pourparlers de paix de Kampala, actuellement suspendus. "Si la médiation du dialogue n'obtenait pas la cessation immédiate des hostilités", ils ont également dit être prêts à "organiser une contre-offensive de grande envergure contre toutes les positions ennemies", écrit dans un communiqué Amani Kabasha, chef de la communication du M23.

"Notre Mouvement met en garde les forces gouvernementales et leurs alliés qu'il ne tolérera pas une nouvelle entreprise militaire de leur part sur les postions détenues par nos soldats sur quelque endroit que ce soit", a-t-il insisté. Dans son communiqué, le M23 explique qu'il "refuse de combattre dans la cité de Kiwanja et s'en retire sans combat". Il ajoute qu'il a décidé de laisser la "gestion sécuritaire (de Kiwanja) aux forces de la Monusco".

La Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco), chargée de la protection des civils et qui appuie l'armée sur le terrain, indique à l’AFP être à présent "déployée à Kiwanja". Cette localité, située à 80 kilomètres au nord de Goma, était jusqu’à récemment contrôlée par le M23, qui est accusé de s'y être livré à de nombreux pillages. Un lieutenant tanzanien de la brigade d'intervention de l'ONU a été tué durant l'assaut de la ville.

En fin de journée, le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku, a annoncé que Rutshuru, où s'étaient repliés les rebelles, était à son tour "tombé entre les mains des FARDC". Il a précisé que les rebelles avaient "pris la fuite".

Découverte de fosses communes 

Vendredi, de violents combats, les plus vifs depuis fin août, avaient éclaté dans la région de Kibumba. Posée sur un plateau à près de 1 800 mètres d'altitude, la ville verrouille la zone contrôlée par la rébellion M23 plus au nord. Samedi, les FARDC ont annoncé l’avoir reprise aux rebelles, quelques heures avant qu’un capitaine de l'armée congolaise annonce la découverte sur place de trois fosses communes. Julien Paluku a réclamé une "enquête internationale pour aller établir les responsabilités", craignant de se voir imputer les crimes. "Si on sort les corps nous-mêmes, j'ai peur qu'on nous prête des intentions." 

Signe du recul du M23, "des populations déplacées ont commencé à rassembler leurs bagages pour rentrer chez elles", s'est réjoui le gouverneur du Nord-Kivu. Un défenseur des droits de l'Homme originaire de Kibumba, et qui avait fui à Kabagana, à la frontière avec le Rwanda, a confirmé son intention de rentrer. "Nous sommes soulagés (...) On se prépare à rentrer à la maison", a-t-il déclaré, rassuré de la forte baisse des "détonations". 

Le chef de la Monusco à Goma, Ray Torres, s’est inquiété sur RFI d’un retour prématuré des populations à Kibumba : "Comme les troupes du gouvernement de la République démocratique du Congo ont fait des avancées très notoires et rapides, il y a peut-être l'impression que la situation est sous contrôle, que les combats ont cessé, d'où le danger."

Avec dépêches

 

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